‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 143 sur 316 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

FLAMINIA

Du moins ai'-je le plaisir de vous voir un peu plus contens à présent.

8ILYIA.

Eh! dame, puisqu'on ne nous gène plus, j*aime autant être ici qu ailleurs^ qu'est-ce que cela fait d'être là ou là ? On s'aime partout.

ARLEQUIN

Comment, nous gêner! On envoie les gen^ me demander pardon pour la moindre impertinence qu'ils disent de moi.

SILVIA

J'attends une dame aussi , moi , qui viendra devant moi se repentir de ne m'avoirpas trouvée belle.

FLAMINIA

Si quelqu'un vous fâche dorénavant, vous n'avez qu'à m'en avertir.

Four cela, Flaminia nous aime comme si nous étions frère et sœurs. ( a Fiaminia.) Aussi, de notre part, c'est queuci - queumi .

SILVIA

Devinez, Arlequin, qui j'ai encore rencontré ici? Mon amoureux qui venait me voir chez nous , ce grand monsieur si bien tourné. Je veux que vous soyez amis ensemble, car il a bon cœur aussi.

ARLEQUIN

A la bonne heure ^ je suis de bon accord.

SILTIA.

Après tout , quel mal y a-t-ii qu'il me trouve à son gré ? Prix pour prix , les gens qui nous aiment sont de meilleure compagnie que ceux qui ne se soucient pas de nous; n'est -il pas vrai?

FLAMINIA

Sans doute.

AELE QUI N, gatmcDi.

Mettons encore Flaminia \ elle se soucie de nous , et nous serons partie carrée.

FLAMINIA

Arlequin, vous me donuez là une marque d'amitié que je n'oublierai point.

AELËQUIN.

Âh çà ! puisque nous voilà ensemble , allons faire collation -, cela amuse.

SILVIA

Allez, allez, Arlequin. A cette heure que nous nous voyons quand nous voulons, ce n*est pas la peine de nous ôter notre liberté à nous-mêmes; ne vous |;énez point.

FLAMINIA, i Arlequin.

Je m'en vais avec vous ; aussi bien voilà quelqu'un qui entre et qui tiendra compagnie à Siivia.

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