ACTE III, SCËI4Ë I. a
deur toate la décence K Vous m'avouerez que cela est charmant. Tout ce qui la retient h présent , c'est qu'elle se fait un scrupule de m'aimer sans Taveu d'Arleqdfli. Ainsi, Flaminia, hâtez-vous. Sera-t-il bientôt gagné , Arlequin ? Vous savez que je ne dois ni ne veux le traiter avec violence. Que dit- il ?
FLAMINIA
A vqus dire le vrai , seigneur, je le crpis toqt-àfait amoureux de moi ^ mais il n'en sait rien. Comme il ne m'appelle encore que sa chère amie, il vit sur la bonne foi de ce nom qu'il me donne , et prend toujours de l'aniouir ^ bon conf)pte.
LE PRINCE
Fort bien.
FLAMIKIA.
Oh ! dans la première conversation , je l'instruirai de l'état de ses petites affaires avec moi : et ce penchant qui est incognito chez lui, et que je lui ferai sentir par un autre stratagème ; la douceur avec laquelle vous lui parlerez , comme nous en sommes convenus 5 tout cela , je pense , va vous tirer d'inquiétude, et terminer des travaux dont je sortirai, seigneur, victorieuse et vaiqcue.
' Et sa pudeur toute la décence. U n'y a point U d'oppoeition , comme dans sa ndiueté en fait tout l'art, Cest même une T^ritablB tautologie. D semble que Fauteur a voulu dire : Sa pudeur en fait la franchise : Pinnocence ne craint pas d^ezprimer ses sentimens j U dissimulation seule peut la faire rougir.
26o Là DOUBLE INCONSTANCE,
LE PRINCE
Gomment donc ?
FLAMINIA
C'est une petite bagatelle qui ne mérite pas de tous
être dite ; c'est que j'ai pris du goût pour Arlequin ,
nV seulement pour me désennuyer dans le cours de notre
Pîntrigue. Mais retirons - nous , et rejoignez Silvia^ il
ne faut pas qu'Arlequin vous voie encore , et je le
vois qui vient.