‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 16 sur 316 · SCÈNE IX. 3i · texte numérisé non relu

SCÈNE IX. 3i

cela est admirable ! Il s'est approche aussi *, il m*a parlé. Sais-ta ce qall m^a dit ? Qu'il m'aimait aussi. J'étais plus contente que si on m'avait donné tous les moutons du hameau. Vraiment ! je ne m'étonne pas si toutes nos bergères sont si aises d'aimer \ je voudrais n'avoir fait que cela depuis que je suis au monde , tant je le trouve charmant. Mais ce n'est pas tout, il doit revenir ici bientôt ; il m'a déjà baisé la main , et je vois bien qu'il voudra me la baiser encore. Donne-moi conseil^ toi qui as eu tant d'amans ^ doisje le laisser faire ?

LA COUSINE

Garde- t'en bien, ma cousine; sois bien sévère; cela entretient la passion d'un amant.

SILVIA

Quoi ! il n'y a point de moyen plus aisé que cela pour l'entretenir ?

LA COUSINE

Non ; il ne faut point aussi lui dire tant que tu l'aimes.

SILVIA

Et comment s'en empêcher? Je suis encore trop jeune pour pouvoir me gêner.

LA COUSINE

Fais comme tu pourras ; mais on m'attend , je ne puis rester plus long-temps. Adieu , ma cousine.

3a ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR,

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