ACTE III, SCÈNE IV
à-râne 'y car si je sais obligé d*étre généreux , il faut que je pardonne aux gens ^ si je suis obligé d'être méchant, il faut que je les assomme. Gomment donc faire pour tuer ces hommes-là et les laisser vivre ?
Vous serez généreux et bon , quand on ne vous insultera pas.
ARLEQUIN
Je vous entends : il m'est défendu d*étre meilleur que les autres ; et si je rends le bien pour le mal , je serai donc un homme sans honneur ? Par la mardi ! la méchanceté n'est pas rare ; ce n'était pas la peine delà recommander tant. Voilà une vilaine invention ! Tenez , accommodons-nous plutôt ; quand on me dira une grosse injure, j'en répondrai une autre, si je suis le plus fort. Voulez- vous me laisser votre marchandise à ce prix-là ? Dites -moi votre dernier mot.
LE SEIGNEUR
Une injure répondue à une injure ne suffit point. Cela ne peut se laver , s'eflacer que par le sang de votre ennemi , ou le vôtre.
ARLEQUIN
Que la tache y reste ! Vous parlez du sang , comme si c'était de l'eau de la rivière. Je vous rends votre paquet de noblesse ; mon honneur n'est pas fait pour être noble ^ il est trop raisonnable pour cela. Bonjour.
LE SEIGNEUR
Vous n'y songez pas.
ARLEQUIH.
Saos compliment, reprebez vôtre aflaire.
LE SEIGNEUR
Gardez -le toujours^ vous vous ajusterez avec le prince ^ on n y regardera pas de si près avec vous.
ARLEQUIN
11 faudra donc qu'il me signe un contrat comme quoi je serai exempt de me faire tuer par mon prochain, pour le faire repentir de son impertinence avec moi. ^
LE SEIGNEUR
A la bonne heure \ vous ferez vos conventions. Adieu, je suis votre serviteur.
ARLEQUIN
Et moi le Vôtre >.