ACTE III, SCÈNE VIII
SIL"VIA
Eh bien ! je crois que je ne Taime plus.
FLAMINIA
Ce u'est pas un si grand malheur.
SIL7IA
Quand ce serait un malheur, qu'y ferais-je ? Lorsque je Tai aimé, c'était un amour qui m'était venu ^ à cette heure je ne Taime plus, c'est un amour qui a'en est allé ; il est venu sans mon avis, il s'en retourne de y même ^ je ne crois pas être blâmable.
FLAMIHIA,» part.
Rions un moment. (Haut.) Je le pense à peu près de même.
SILVtA.
Qu'appelez-vons à peu près? Il faut lé penser tout* à -fait comme moi , parce que cela est. Voilà de mes gens qui disent tantôt oui , tantôt non.
FLAMINIA
Sur quoi vous emportez- vous donc?
SILVIA
Je m'emporte à propos^ je vous consulte bonnement , et vous allez me répondre des à peu près qui me chicanent!
FLAMINIA
Ne voyez-vous pas bien que je badine , et que vous n'êtes que louable ? Mais n'est-ce pas cet officier que vous aimez ?
aSS LA DOUBLE INCONSTANCE,
SILYIA.
Et qui donc ? Pourtant je n y consens pas encore , à Taimer ; mais à la fin il faudra bien y venir : car dire toujours non à un homme qui demande toujours oni; le voir triste, toujours se lamentant ; toujours le consoler de la peine qu*on lui fait ^ dame! cela lasse ^ il vaut mieux ne lui en plus faire.
FLAMINIA
Oh! vous allez le charmer ^ il mourra de joie.
SILVIA
Il motu'rait de tristesse , et c'est encore pis.
FLAMIiriA.
n n'y a pas de comparaison.
SILVIA
Je l'attends -, nous avons été plus de deux heures ensemble, et il va revenir pour être avec moi quand le prince me parlera. Cependant, quelquefois jai peur qu'Arlequin ne s'afflige trop -, qu'en dites-vous? Mais ne me rendez pas scrupuleuse.
FLAMINIA
Ne vous inquiétez pas ; on trouvera aisément moyen de l'apaiser.
SILVIA
De l'apaiser ! Diantre ! il est donc bien facile de m'oublier , à ce compte ? Est - ce qu'il a fait quelque maîtresse ici ?
FLAMINJA.
Lui , vous oublier ! J'aurais perdu l'esprit si je vous