‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 190 sur 316 · LÉLIO, HORTENSE · texte numérisé non relu

LÉLIO, HORTENSE

horteuse.

J'avais oublié de vou» apprendre une chose : la princesse vous aime ; vous pouvez aspirer à tout -, je vous l'apprends de sa part^ il eu arrivera ce qu'il pourra. Adieu.

LÉLIO

Eh! de grâce, madame, arrêtez- vous un instant. Quoi ! la princesse elle-même vous aurait chargée de me dire....

HORTENSE

Voilà de grands transports ; mais je n'ai pas charge d'eu rendre compte. J'ai dit ce que j'avais à vous dire ; vous m'avez entendue ; je n'ai pas le temps de le répéter, et je n'ai rien à savoir de vous.

LÉLIO

Et moi , madame , ma réponse à cela est que je vous adore , et je vais de ce pas la porter à la princesse.

HORTENSE

Y songez- VOUS ? Si elle sait que vous m'aimez, vous ne pourrez plus me le dire , je vous en avertis.

LÉLIO

Cette réflexion m'arrête ; mais il est cruel de se voir soupçonné d'être joyeux , quand on n'est que troublé.

HORTENSE

0 sort cruel ! Vous avez raison de vous fâcher ! La vivacité qui vient de me prendre , vous fait beaucoup de tort ! Il doit vous rester de violens chagrins !

Il ne me reste que des sentimens de tendresse qui ne finiront qu'avec ma vie.

HORTEIfSE.

Que voulez-vous que je fasse de ces sentimens-là?

LÉLIO

Que vous les honoriez d'un peu de retour.

HORTENSE

Je ne veux point, car je n'oserais.

LÉLIO

Je réponds de tout ; nous prendrons nos mesures , et je suis d'un rang. ...

HORTENSE

' Votre rang est d'être un homme aimable et vertueux, et c'est là le plus beau rang du monde; mais je vous dis encore une fois que cela est résolu ; je ne

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