‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 198 sur 316 · FRÉDÉRIC, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC, ARLEQUIN

comptant de l'argent dans son chapeau, FRÉDÉRIC.

Bonjour, Arlequin. Es-tu bien riche?

Chut! Vingt-quatre, vingt-cinq , vingt-six et vingtsept sous. J'en avais trente. Comptez vous-même, monseigneur le conseiller^ ne sont -ce pas trois sons que je perds?

FRÉDÉRIC

Cela est juste.

ARLEQUIN

Eh bien! que le diable emporte le jeu et les fripons avec !

FRÉDÉRIC

Quoi ! tu jures pour trois sous de perte ! Oh ! je veux te rendre la joie. Tiens, voilà une pistole.

ARLEQUIN

Le brave conseiller que vous êtes ! Hi ! hi ! Vous méritez bien une cabriole.

FRÉDÉRIC

Te voilà de meilleure humear.

ARLEQUIN

Quand j'ai dit que le diable emporte les fripons, je ne vous comptais pas, au moins.

FRÉDÉRIC

J'en suis persuadé.

ARLB Q m V , recomptant ton argent.

Mais il me manque toujours trois sous.

Non -, car il y a bien des trois sous dans une pistole.

ARLEQUIN

Il y a bien des trois sous dans une pistole! mais cela ne fait rien aux trois sous qui manquent dans mon chapeau.

FRÉDÉRIC

Je vois bien qu'il t'en faut encore une aulre.

ARLEQUIN

Oh ! oh ! deux cabrioles.

FRÉDÉRIC

Âimes-lu l'argent ?

ARLEQUIN

Beaucoup.

FRÉDÉRIC

Tu serais donc bien aise de faire une petite fortune ?

ARLEQUIN

Quand elle serait grosse , je la prendrais en patience.

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