‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 23 sur 316 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

ARLEQUIN, feignant d*étr« nlombë dan» ta bélise.

Qu*est- ce que vous voulez ?

LA FÉE

Je ne te conseille pas d'affecter une stupidité que . tu n'as plus. Si tu ne te montres tel que tu es, tu vas me voir poignarder l'indigne objet de ton choix.

ARLEQUIN, Tîte et atec crainto.

Eh ! non , non ; je vous promets que j'aurai de l'esprit autant que vous le voudrez.

LA FÉE

Tu trembles pour elle !

ARLEQUIN

C'est que je n'aime pas à voir mourir personne.

LA FÉE

Tu me verras mourir , moi , si tu ne m'aimes«

ARLEQUIN

Ne soyez donc pas en colère contre nous.

LA FÉE, l'attendriaBant.

Ah ! mon cher Arlequin , regarde-moi ; repens«-toi de m'avoir dësespércfe : j'oublierai de quelle part t'est venu ton esprit; mais puisque tu en as, qu'il te serve à connaître les avantages que je t'offre.

ARLEQUIN

Tenez , dans le fond , je vois bien que j'ai tort ; vous êtes belle et brave cent ibis plus que l'autre. J'enrage.

4o ARLEQUIN POLI PAR L'AMOUR,

LA FÉB.

Et de quoi ?

▲ELEQUIH.

C'est que j'ai laisse prendre mon oœar par cette petite friponne qui est plus laide que vous*

LA FÉE y •onpinnt en Mer«t.

Arlequin, voudrais- tu aimer une personne qui te trompe, qui a voulu badiner avec toi, et qui ne t'aime pas ?

ARLEQUIIf.

Oh ! pour cela, si fait \ elle m'aime à la folie.

LA FÉB.

Elle t'abusait ; je le sais bien , puisqu'elle doit ëpou* ser un berger du village qui est son amant. Si tu veux, je m'en vais l'envoyer chercher, et elle te le dira ellemême.

ARLBQUI9| «o m oclUiU b mai» iiir U poitrÎM «t ivr m« oaor.

Tic, tac, tic, tac, ouf! voilà des paroles qui me rendent malade. (p«iiTit«o Allons, allons, je veux savoir cela ; car si elle me trompe, jarni ! je vous caresserai, je vous épouserai devant ses deux yeux pour la punir.

LA FÉE

Eh bien ! je vais donc l'envoyer chercher.

ARLEQUIN, encore «ma.

Oui i mais vous êtes bien fine. Si vous êtes là quand elle me parlera , vous lui ferez la grimace , elle vous craindra , et elle n'osera me dire rondement sa pensée.

Page 1