‹ OEuvres completes de Marivaux (volume 5)Chapitre 255 sur 316 · ACTE I, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL

FRONTIN

Ah ! monsieur^ mellez-vous Tespril en repos; je sais garder un' secret (Bat.)^ pourvu qu'il ne m'échappe pas. (Haut.) Souhaitez -vous que mon ami s'approche?

LE CHEVALIER

Je le veux bien \ mais partez sur-le-champ pour Paris.

Je n'attends que vos dépêches.

LE CHEVALIER

Je ne trouve point à propos de vous en donner, vons pourriez ]es perdre. Ma sœur, à qui je les adresserais, pourrait les égarer aussi ^ et il n'est pas besoin que mon aventure soit sue de tout le monde. Voici votre commission, écoutez -moi. Vous direz à ma sœur qu'elle ne soit point en peine de moi ; qu'à la dernière partie de bal où mes amies m'amenèrent dans le dëguisemenl où me voilà , le hasard me fit connaître le gentilhomme que je n'avais jamais vu, et qu'on disait être encore en province. C'est ce Lélio avec qui, par lettres, le mari de ma sœur a presque arrêté mon mariage. Vous ajouterez que , surprise de le trouver à Paris sans que nous le sussions, et le voyant avec une dame , je résolus sur-le-champ de profiter de mon déguisement pour me mettre au fait de l'état de son cœur et de son caractère *, qu'enfin nous liâmes amitié ensemble aussi promptement que des cavaliers peuvent le faire : et qu'il m'engagea à le suivre le lendemain à une partie de campagne chez la dame avec qui il était, et qu'un

de SCS parens accompagnait. Vous direz qae nous y sommes àctueilement \ que j'ai d<ljà découvert des choses qui méritent que je les suive avant que de me déterminer à épouser Lélîo \ que je n'aurai jamais d'intérêt plus sérieux. Partez^ ne perdez point de temps. Faites venir ce domestique que vous avez arrêté ; dans un instant, j'irai voir si vous êtes parti. (FrontintoK.)

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