ACTE III, SCÈNE VIII. S/ji
LE CHEVALIER
Ce que j'en dis? rien; je crois que je rêve, et je tâche de me réveiller.
LÉLIO
Me voilà en belle posture, avec sa main qli'elle m'offre , que je lui demande avec fracas , et dont je ne me soucie point ! Mais ne me trompez-vous point ?
LE CHEVALIER
Âh ! que dites -vous là? Je vous sers loyalement, ou je ne suis pas soubrette. Ce que nous voyons là peut venir d'une chose. Pendant que nous nous parlions 9 elle me soupçonnait d'avoir quelque inclination à Paris; je me suis contente de lui répondre galamment là -dessus. Elle a tout d'un coup pris son sérieux -, vous êtes entré sur-le-champ, et ce qu'elle en fait n'est sans doute qu'un reste de dépit , qui va se passer \ car elle m'aime.
LÉLIO
Me voilà fort embarrassé.
LE CHEVALIER
Si elle continue à vous offrir sa main , tout le remède que j'y trouve, c'est de lui dire que vous l'épouserez, quoique vous ne l'aimiez plus. Tournez-lui celte impertinence - là d'une manière polie ; ajoutez que, si elle ne le veut pas , le dédit sera son affaire.
Il y a bien du bizarre dans ce que tu me proposes là.
LE CHEVALIER
Du. bizarre! Depuis quand êtes -vous si délicat.^
Est-ce que vous reculez pour ua mauvais procédé de plus qui vous sauve dix mille écus? Je ne vous aime plus , madame ; cependant je veux vous épouser. Ne le voulez-vous pas ? payez le dédit ; donnez-moi votre main ou de Targent. Voilà tout.