LE SCRUPULE
Vous ne pouvez le sauter que malgré moi.
LUCIDOR.
Et qui êtes- vous ?
396 LE CABIÏTET
LB ICRDPVLK.
Je m'appelle lo Scrupule.
t« VEBDCBE.
Le Scrupule! Ehl cornaient ii'éles-voiis pas gilé avec tous ce» messieurs? Car vous êtes à peu prÈs de la méiDA espèce. Gageons que voire emploi est de rendre pollrou* tous ceux qui se présentent ici.
LB ftCKtrpItLE.
Je les dégoûte autant que je puis de l'envie de faire ce saut-là, qui est d'une dangereuse conséquence; mais malheureusement il y eu a peu qui me croient. LrciDOH.
Pour moi , je vous orois , et m'en voil^ dégoûté.
Li VEROrBE.
Oh! parbleu, non pas moi; je ue prélcnd» pas quo vous m'arrêtiez, et je sauterai. Gare! (li pau»f UScrupaic.j
LE SCBDPULE, Vlnilial.
Doucement.
HclireE-vaus, vous dis-jc.
LB SCBDPDLE.
Je vous en empficherai.
Là. TEBDDBE.
Ma foi, monsieur le Scrupule, je vous sauterai vousmême.
LE SCBttPULE.
Tant pis pour vous.
Li. VBBDCBE.
Enseignez-moi donc quelque détour peur aller chez la Fortune.
LE SCAUPULB.
Tenez, prenez par là; c^est le chemin de THonneur.
LÀ VBADURB.
Bon Ile chemin deTHonneurl Appelez-vous cela un l détour? Le joli voyage qu^il nous conseille! Sans compter I ^e par ce chemin -là nous allons tourner le dos à celui r.- de la Fortune.
LE SCAUPULE.
J*en conviens ; mais quelquefois il conduit bien , et on f. ne risque rien en le prenant.
LÀ VERDURE
Ce vieux rêveur se moque de nous ; nous avons afTaire à droite 5 et il veut nous mener à gauche. Gare encore
une fois, que je saute. (lirait des effort* pour sauter; mais le Scrupule le retient par un bras , et Tempéclie de franchir le fosse. ) 11 U y a paS
moyen. Depuis que ce personnage-là m'a parlée je n*ai pas le courage de prendre ma secousse ; je n'ai jamais été si pesant.