‹ Œuvres complètes de Massillon, évêque de Clermont (volume 2)Chapitre 1 sur 141 · LETTRE DE S. E. LE CARDINAL ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

LETTRE DE S. E. LE CARDINAL ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

Archevêché de Bordeaux, le It novembre 1865.

Monsieur l'Abbé,

L'Eglise se fait gloire des pages de haute et suave éloquence écrites par la main si délicate de Massillon. En recueillir, comme vous le faites, jusqu'aux moindres fragments, reproduire dans toute sa perfection l'œuvre du grand maître, c'est ajouter à notre admiration pour ses ouvrages comme les émotions d'une découverte inattendue.

On vous devra donc beaucoup. Monsieur l'Abbé, d'avoir fouillé dans les trésors cachés des manuscrits égarés, et, au prix de laborieuses recherches, d'avoir extrait d'une mine inexplorée l'or caché d'une éloquence incomparable. Je dis incomparable, car l'éloquence de l'illustre évêque de Clermont, si elle n'a pas le vol hardi de Taiglé de Meaux, ni la dialectique pyramidale de Bourdaloue, elle a son trait caractéristique de génie. C'est un fleuve aux larges bords, promenant ses eaux pacifiques et majestueuses sous un ciel rayonnant de lumière et de chaleur, qui pénètre ses rives fleuries, et laisse après lui les richesses d'un sol admirablement fécondé.

En réunissant les débris épars de cette éloquence toujours ferme et digne, en nous faisant connaître les formes diverses qui traitent le même sujet, et les corrections dont le Petit-Carême est lui-même susceptible, vous avez bien mérité. Monsieur l'Abbé, de la littérature et de l'Eglise. On vous devra encore des notices historiques qui interprètent les allusions, des citations au bas du texte, et des explications incidentes qui nuancent ou éclairent la pensée du grand orateur.

Recevez donc. Monsieur l'Abbé, mes sincères félicitations, et avec mon approbation empressée du premier volume des Œuvres de Massillon, dont vous m'avez fait hommage, mes sympathiques encouragements pour l'achèvement d'une entreprise si heureusement commencée.

Vous nous avez promis des lettres inédites ; complétez ainsi les Œuvres de Massillon ; vous nous aurez introduit plus avant dans le sanctuaire d'une belle âme , et vous aurez couronné d'une nouvelle auréole le digne émule des plus grands prédicateurs du grand siècle.

Agréez, Monsieur l'Abbé, l'assurance de mes meilleurs sentiments.

f Ferdinand, cardinal DONNET,

Archevé(fue à Bordeaux.

Mass. — Tome IL a

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