SIMPLICITÉ DES PREMIERS CHRÉTIENS
ilr LUS Je remonte vers; la source , plus je trouve iÂe simplieité.dans le culte : vous y voyez une ^piété tendre , brûlante, xmanime, qui cherchoil ira se répaivlire sur des pratiques sensibles , et à se ( consoler, par ces marques mutuelles de foi et de 1 religion ; les fidèles assemblés oiTroient tous eor* ^semble, au Seigneur un .sacrifice de louange dans des hymnes, et des cantiques spirit-uéls : ils celé- .bi^^eat avec une sainte ferveur ees repas -com-^- ^Biuas:dêi£Jbi|i2Î^I?^ygNcécé^ les saints mys->
36 SIMPLICITÉ DES MKMtEM CfiftÉTIENS*
tères, iet ou dans la simplicité delà foi, chacun mangeoit avec action de grâces : ils se donnoieut le baiser de paix , en soupirant après cette paix inaltérable, quMls n^attendoient pas dans le inonde, et cette Union éternelle c^ue la charité devoit consommer dans le ciel : ils lavoieat les pieds de ceux qui évangélisoient les biens véritables, et les arrosoient de leurs larmes : ils ira* \ersoient les royaumes et les provinces , pour avoir la consolation de s^entretenir avec un disciple qui eût vu Jésus-Christ : ils recevoiant dans leurs maisons les hommes apostoliques coofime des anges de Dieu, et leur offroient les effusions sincères de leur charité : leurs familles étoient des : églises domestiques , où les fonctions les plus communes devenoieut des actes de religion^ des prières pures et simples, mais pleiues de foi^ des moeurs innocentes ^ des enfans instruits k coa« noitre, à adorer le Dieu du ciel et de la terre ^ à espérer en Jésu^Christ , et à le confesser généreusement devant les tyrans^ un détail de candeur^ .de fidélité, de crainte du Seigneur; voilà les .voies les plus sublimes, et tous les raffineipeDS ■' de leur piété. Cependant ces hommes simples , . c^étoient les fondateurs de la foi,- les témoins la plupart de la résurrection de Jésus-Christ , les .premiers martyrs de FËglise; des hommes à qui . TEsprit-Saint n^avoit pas été donné<^ ce> semble , avec mesure, et qui, outre la charité, a voient . encore reçu la plénitude des dons miraculeux. Xes siècles suivais ne changèrent rien- à cet
esprit :
SltfPLICITÉ DES PREMIERS CRRÉTIBITS. S^
esprit : on y vit les fidèles s^'assembler sur les
tombeaux des martyrs , et y porter avec simplicité
leurs yœux et leurs offrandes. Quel respect n'a-
voient-ils pas pour les lieux teints de leur sang^
et où ces généreux confesseurs de la foi avoient
consommé leur sacrifice P quels pieux empres^
semens pour conserver les restes précieux de .eurs
corps ^ qui avoient édiappéà la fureur des tyrans?
Que dîrai-je du bon zèle et de la piété de nos
pères dans des temps plus avancés? Que de
temples somptueux le respect pour Marie n'éle—
va-i-il pas dans nos villes! que de dons et de
xicViesses consacrées à la majesté du culte I que
de pieux établissemeus pour aide.^ à la foi des
thrétieasl que de voyages entrepris pour aller
Itonorer les lieux samts^ et respecter les traces
encore vivantes des mystères et des miracles du
Sauveur i peut-être étoit~on allé trop loin ^ car je
lie prétend pas tout justifier. Mais que sais— je.
6 mon Dieu ! si ces pieux excès de zèle et de
simplicité ne vous honoroient pas davantage que
tous les vains raffinemens de notre siècle? Du
moins s^^il y avoit des abus^ ils ne déchiroient pas
votre Eglise cpmme le schisme funeste qui a
Voulu les réformer^ qiU, sous prétexte de nous
-donner une religion plus pure , a mis des erreurs
i la place des abus qui s^étoient glissés^ a ren-.
versé le fondement de la foi en voulant 6ter les
décorations superflues daFédifice, a substitué à
Fexcès de la crédulité un esprit de révolte et
d'îadépendance) qui ne connott ylus de joug^ et
2ome XIL MomcmÀùx choisis* 4
38 LA PRIÈAE.
qui , n'ayant plus de règle qne r<5rgueîl de ses propres lumièi'es, a Vu multiplier ses égaremens av«c ses disciples ^ et a enfanté presque autant d'inventeurs de nouvelles sectes , quelle a eu de docteurs de mensonge. cakême ^ n.