‹ Œuvres complètes de Mathurin Régnier, avec les commentaires revus et corrigés; pre̋cédés de l'Histoire de la satire en France, pour servir de discours preliminaireChapitre 32 sur 62 · ODE SUR UNE VIEILLE MAQUERELLE · texte numérisé non relu

ODE SUR UNE VIEILLE MAQUERELLE

^sprit errant, ame idola&tre, Cwps yerolé , couvert d^emplastre , ^^^ Aveuglé d'un lascif bandeau; OSiiSBlJE Grande nymphe à la hairli^ttjiiiiie , Qui s*est brisé toute Teschine Dessus le pavé du bordeau ;

Dy-moy pourquo'y , vieille maudite , Des rufiens la calamité f As-tu si-tost quitté Tenfer ?

Vieille à ncjs ma^x si préparée , Tu nous ravîs Tasge dorée, Nous ramenant celle de fer.

Retourne donc, ame sorcière, Des enfers estre la portière ; Pars et t'en va, sans nul delay.

Suivre ta noire destinée ,

DIVERSES. 3a5

Te sauvant par la cheminée , Sur ton espaule un vieux balay.

Je veux que par-tout on t^appelle Louve, chienne, et ourse crueUe.

Tant deçà que delà les monts ; Je veux de plus qu^on y ajoute :

Voilà le grand diable qui joute Contre Tenfer et les démons.

Je veux qu^on crie emmy la rue :

Peuple , gardez-vous de la grue Qui destruit tous les esguillons , Demandant si c*est aventure, Ou bien un efiêct de nature , Que d*accoucher des ardillons.

De cent dous elle fut formée ; Et puis pour en estre animée., On la frotta de vif-argent :

Le fer fut première madère ; Mais meilleure en fut la dernière , Qui fist son cul si diligent.

Depuis honorant son lignage, Elle nt voir un beau ménage D^ordure et d'impudicitez ; Et puis, par Texoès de ses flamés.

Elle a produit filles et femmes Au champ de ses lubricitez.

De moy tu n^auras paix ny tresve Que je ne t'aye veue en Gresve La peau passée en maroquin ,

Les os brisez, la chair meurtrie.

Preste à porter à la voirie ,

Et mise au fond d'un manequin.

Tu mérites bien davantage.

Serpent dont le maudit langage Nous perd un autre paradis :

Car tu changes le diable en ange, Nostre vie en la mort tu change) Croyant cela que tu nous dis.

Ha Dieu ! que je te verray souple, Lorsque le bourreau couple à couple Ensemble pendra tes putains !

Car alors tu diras au monde Que malheureux est qui se fonde Dessus Tespoir de ses desseins.

Vieille sans dent, grand' hallebarde* Vieux baril à mettre moutarde, -Grand morion , vieux pot cassé , Plaque de lict, corne k lanterne, Manche de lut, corps de guiterne , Que n'es- tu desjà m pace!

Vous tous qui, malins de nature.

En desirez voir la peinture, Âllez-vous-en chez le bourreau ; Car s*il n'est touché d'inconstance , Il la fait voir à la potence , Ou dans la salle dubordeau.

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