ODE SUR LA CH.... P
infume bastard de Gjdiere, Fils ingrat à^une ingi^te mère^ :\ \ Ayorton, traîstre et désguisé^ ^ >Si je t*aj seryy dès renfanGe,
De quelle ingrate recompense
As^tu mon service abuse I >
Mon cas , fier de mainte conqtieste ^ En Espagnol portoit la teste , Triomphant, superbe et vainqueur , Que nul efibrt h*eust sceu rabattre :
Maintenant lasche , et sans combattre.
Fait la cane et n'a plus de cœur.
De tes autels une prestresse L*a réduit en telle détresse , Le voyant au cboc obstiné , Qu^entouré d^ongnent et de linge , 11 m*est advis de voir un singe Comme un enfant embeguiné.
De façon robuste et raillarde Pend Toreille et n^estplus gaillarde ; Son teint vermeil n*a point d^esdat ; De pleurs il se noyé la face , Et lait aussi laide grimace Qu'un boudin crevé dans un plat.
DITERSES. $29
Aussi penaut qaSin chàtqa^ôn dîâstre , Il demeure dans son emplastre , \ Comme en sa cocque un limaçon. ^ En vain d'arrasser il essaye ; Encordé comme une lamprr^c.
Il obéit au càveçoh.
Une salive mordicante De sa narine distillante L'ulcère si fort pai^ dedans i Que , cradiant Fhumeur qui le picque , Il bave comme un pulmonique Qui tient la mort entre ses dents.
Ha ! que cette humeiir languissjinté Du temps jadis est difféi^ènie , Quand braye , courageux et thdvA ^ Tout passoit au fil de sa rage , ~
N^estant si jeune pucelage Qu'il n'enmast de prime assaut ! .
Âppollon , dès mon asgè tendte , ' Pousse du courage d^appréndre Auprès du ruisseau parQassin , '.
Si je t'invoquay pour jpoete^ • .. ' ' Ores , en ma. douleur secretté , Je t'invoque pour médecm.
Severeroy des destinée»^ -^ Mesureur des vîtes aiinâss , - '. * Cœur du mondé , œil dû £rmament , Toy qui présides à la vîe^ .
Guery mon cas , j.e te suppUè ', ' Et le conduiis à sauvement.
33o POÉSIES
Pour récompense , dans ton temple Servant de mémorable exemple Aux jousteurs qui viendront après , J*appendraj la mesme figure De mon cas malade en peinture , Ombragé d^aehe et de cyprès.
DISCOURS d'une vieille màquerellb
hilon , en f ayant irrité , Je m'en suis allé despité , Voire aussi remply de colère Qu'un voleur qu'on mené en galère,
Dans un lieu de mauvais renom ,
Où jamais femme n'a dit non:
Et là je ne vis que Tbostesse ;
Ce qui redoubla ma tristesse ,
Mon amy , car j'avois pour lors
Beaucoup de graine dans le corps.
Ceste vielle, branlant la teste ,
Me dit : Excusez , c'est la feste
Qui fait que l'on ne trouve lien ;
Car tout le monde est gens de bien :
Et si j'ay promis en mon ame
Qu'à ce jour , pour n'entrer en blasme>
Ce péché ne seroitconunis-; ...
Mais vous estes de nos amis
Parmanenda je le vous jure :
Il &ut, pour ne vous faire injure , .
DIVERSES. 33l
Après mesme avoir eu le soin
De venir chez nous de si loin.
Que ma chambrière j^envoye
Jusques à FEscu de Savoye :
Là , mon amy , tout d'un plein saut ,
On trouvera ce qu'il vous faut.
Que j'ayme les hommes de plume !
Quand je les vois mon cœur s'allume»
Autrefois je parlois latin.
Discourons un peu du destin : . '
Peut-il forcer les prophéties ?
Les pourceaux ont-ils deux vessies ?
Dites-nous quel auteur escrist
La naissance de l'Antéchrist.
0 le grand homme que Virgile !
11 me souvient de l'évangile
Que le prestre a dit aujourd'huy .
Mais vous prenez beaucoup d'ennuy.
Ma servante est un peu tardive ;
Si faut-il vrayment qu'elle arrive
Dans un bon quart «l'heure d'icy :
Elle me sert tousjours ainsi.
En attendant prenez un siège
Vos escarpins n'ont point de liège !
Vostre collet fait un beau tour !
A la guerre de Montcontour
On ne portoit point de rotonde.
Vous ne voulez pas qu'on vous tonde ?
Les choses longs sont de saison.
Je fus autrefois de maison ,
Docte , bien parlante et habile y
Autant que fille de la ville :
Je me faisois bien decroter ;
Et nul ne mVntendoit peter .
33s POÉSIES
Que ce ne fiut dedans ma cbamlire.
J^avois toujours un collier d^ambre ,
Des gands neufs, des souliers noircis :
J'eusse peu captiver Narcis.
Mais hélas ! estant ainsi belle.
Je ne fus pas longtemps pncelle.
Un chevalier d'autorité
Acheta ma virginité ;
Kt depuis, avecq' une drogne ,
Ma mère , qui faisoit la rogue
Quand on me parloit de cela ,
En trois jours me rempucela.
J'estois faite i son badinage
Après, pour servir au ménage.
Un prélat me voulut avoir :
Son argent me mit en devoir
De le seiTir et de luy plaire:
Toute peine requiert salaire.
Puis après voyant en effet
Mon pucelage tout refait.
Ma mcre, en son mestier sçavante ,
Me mit une autre fois en vente ;
Si bien qu'un jeune trésorier
Fut le troisième aventurier
Qui fit bouillir nostre marmite.
J'appris autrefois d'un hermite
Tenu pour un sçavant parleur ,
Qu'on peut desrober un voleur
Sans se charger la conscience.
Dieu m'a donné ccstc science.
Cet homme , aussi riche que laid ,
Me fit espouser stm valet ,
Un bon sot qui se nommoit Biaise.
Je ne fus oncq* tant imon aise,
Qu^à llKBilçf <pie: ce gros manant
Alloit les.^]^^ batinant ,
Non pas seulement de son maistre , \ . »
Mais du cheyalier et du prestre.
De ce costé j'eus mille francs ;
Et j*aYois ]à ., depuis, (leuxr ans »
Avecq* ma petite pratiqi^e ,
Gagne de quoy lei^er Koutiiqi^e , >.
De cabaret àMontlérjr
Où nasqnit mon pauvre mary.
Hélas ! que c'estoit un bonhomme !
Il avoit esté jusqu'à Rome ;
Il cbantoit comme un rossignol ;
Il sçavoit parler espagnol « .
Il ne receyoit point d'esopri^es ; : . .
Car il ne portpit pas les co^mies
Depuis qu ayec<nies lui je fus;
Il ayoit les membares teufius : . ; ,
Le poil est un signe d^ force i,
Et ce signe a beaucoup d'amorce
Parmy les femmes du inestiier. >■
Il estoit bon arbalestier : ;.
Sa cuisse estoit de belli^ n^^irge;:. - i
Il avoit Fespaidcibien largf,; ^
Il estoit ferme de roignons > ,.
Non comme ces petits mignons : '
Qui font de la samcte Nitpuch^.;;.
Âussi-tost qu€ \&i^ fioigt yqus ^ouch^ f
Ils n'osent poussferqtt'jidfiniy.v;ji >'
Celui-là poussoit en amy.
Et n'ayoït ny muscle ny vône >
Qui ne poussast sans prendre baleine ;,
Mais tant et, tant il apoussé \
Qu'en poussant il est tre^^ASsé#,i .
Soudain que son corps fut en tetre , - L*enfant Amour me fit la guerre ; De façon que , pour mon amant , Je pris un basteleur Normant, Lequel me donna la yerole ; Puis luy prestay , sur sa parole, Ayant que je cognusse rien A son mal , presque tout mon bien.
Maintenant nul de moy n*a cure :
Je fleschis aux loix de nature ; Je suis aussi sèche qu'un os; Je ferois peur aux huguenots En me voyant ainsi ndée Sans dents , et la gorge bridée , S*ils ne mettoient nos visions Au rang de leurs dérisions.
Je suis vendeuse de chandelles :
Il ne s*en voit point de fidelles En leur estât , comme je suis ; Je cognois bien ce que je puis.
Je ne puis aymer la jeunesse Qui veut avoir trop de finesse ; Car les plus-fines de la cour Ne me cachent point leur amour.
Telle va souvent à Téglise , De qui je cognois la feintise ; Telle qui veut son £ait nier Dit que c*est pour communier ; Mais la chose m*est indiquée :
C*est pour estre commumquée A ses amys par mon moyen , Gomme Hélène fit au Troyen.
Quand la vieille , sans nulle honte , M*eut achevé son petit conte ,
DlYERSES. 335
Un commissaire illec pa3sa, Un sergent la porte poussa^ Sans attendre la chambrière , Je sortis par lliuis de derrière , Et m^en allay chez le voisin , Moitié figue i, moitié raisiti, N'ayant ny tristesse ny jôye ' De n'avoir point trouvé lâ proyc.
ËPIGRAMMES.