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C'était le tems où le fleuve grossissait par la foute des neiges des montagnes du Liban ; mais les lévites, loin d''êlre effrayés de son impétuosité, s'avancèrent sans crainte , chargés de leur précieux dépôt, et mirent le pied dans les eaux.
A l'instant^ celles qui venaient de la source s'arrêtèrent et s'accumulèrent en une haute montagne , qu'on apercevait de la ville d'Adom , tandis que les eaux inférieures continuèrent à rouler vers leur embouchure ^ et laissèrent une espace vide depuis le lac Asphaltite jusqu'au lieu où l'archo s'était arrêtée, tandis que tout le peuple travei'sait le fleuve.
Tout c^ci se passait à la vue de Jérîclxo, sous les yeux des fils de Moab , d'Ammon et de Cham , sans qu'aucun psàt troubler cette sainte marche. Le même Dieu qui avait suspendu les eaux du Jovirdain , remplissait les infidèles d'une vive frayeur; et les Israélites, environnés de nations belliqueuses et jalouses , agissaient avec la uiême sécu-
rite que s'ils eussent fait chez eux les préparatifs d'un triomphe ou d'une fête religieuse. Dès que le peuple fut passé sur la rive occidentale ^ tandis que l'arche était encore au milieu du fleuve, Issachar éleva la voix, et demanda qu'on marchât droit à la ville ; mais Josué s'opposa encore à son désir, « O mon fils, m lui dit-il, tu viens d'être témoin de » ce que peut l'Eternel pour ceux qui » se fient à sa parole; s'il t'a promis » Rahab pour épouse , il saura te la coir- }) server. Mais Israël n'a%^ancera pas i) vers la plaine avant d'avoir dressé un » monument en signe de reconnaissance I) du prodige que Dieu vient d'opérer 3) en sa faveur, afin que dans les siècles n après nous, quand nos enfans inter- » rogeront leurs pères, et leur diront : V Que signifient ces pierres-ci ? ils puis- » sent leur répondre : Quand Israël vint » s'emparer de l'héritage qui lui était j> destiné, Dieu fit tarir les eaux du » Jourdain devant lui , afin que tous » les peuples de la terre reconnussent ,n que la main de rEternel est forte, et
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» que lui seul est le vrai Dieu du ciel; » Viens, Issacbar, prie avec tes frères, » et offre ta résignation au Seigneur; » elle sera plus efficace que tes armes; » car l'Eternel est un Dieu de bonté , » qui n'afflige ses en fans sur la terre > » que pour leur épargner un jour ua » châtiment plus terrible. » Issachar, * vaincu par l'ascendant de Josaé , se soumit et s'humilia devant le Seigneur ; mais le soir , quand le sacrifice fut achevé, tandis que tous les Hébreux reposaient dans le camp de Galgal , il sortit dans la plaine et s'avança seul vers Jéricho.
Si les portes de la ville euvssent été ouvertes , Issachar eût bravé tons le« dai>gei*s pour pénétrer jusqu'à sa bienaimée; mais la vue des Israélites avait causé tant de frayeur aux habitans de Jéricho, qu'ils se tenaient soigneusement enfermés dans leurs murs , et il n'y avait personne qui en sortit ni qui y entrât. Le jeune Israélite, voyaiit cela, fut s'asseoir sous le rempart , au pied do réminej^ce ou la maison de Ilahab était
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située; et, levant les yeux vers cette fenêtre par laquelle il avait fui avec Horam , il aperçut le cordon pourpre.
Aussitôt l'allégresse s'empara de son cœur , et sa bouche l'exprima ainsi : « Elle vit encore , puisqu'elle a placé » autour de la maison le signe convenu » entre nous. Quelle autre main l'eût )) pu faire ! Sans doute Rahab respire » tout près d'ici. » Et il écoutait s'il n'entendait pas la voix de sa bien-aimée; mais il n'entendait rien ^ car on était au milieu de la nuit , et tout dormait sur la terre. « Tu dors , ô la plus belle des » femmes , tandis que mon coeur veille , » que ma tête est pleine de rosée et mes » habits trempés de l'humidité de la V nuit. Mais voici la voix de ton bien- » aimé qui crie à ta porte : ne te mon- » treras-tu pas , mon épouse, ma sœur?
» me laisseras-lu languir seul dans la )> solitude de la nuit? Comme le cerf » altéré cherche l'eau des fontaines y » ainsi mon cœur te désire, ô Rahab ? » mais si tu tardes à paraître , tu me » chercheras en vain j tu ne me trou-
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» veras plus, car j'entends le bruîtdc » la ronde par la ville , et si la garde » des murailles m'apercevait , elle sai- » sirait celui que tu aimes , et il ne » pourrait plus te presser dans ses bras, » ni recevoir tes baisers plus doux que » le miel , et parfumés comme la myrî) rhe. Adieu , ma bien-aimée , adieu. » Quand l'Eternel des armées per- » mettra qu'Israël entre dans Jéricho , » j'abandonnerai le riche butin , les » vases d'or et les vêtemens de pourpre; » je ne demanderai que toi , je ne veux » que toi. A tes côtés, quand ta bouche » me sourira avec tendresse, je serai » plus riche que les plus puissaus mo- » narques ; car tu es brlle comme le gre- » nadier en fleur, ta taille est semblable » à un palmier, tes vêtemens exhalent » l'odeur exquise des cèdres , et ton » amour est délicieux à mon cœur. Fi] le )) tant aimée! quand jouirai- je de ta » présence et de les regards ? Oli ! qu'il » vienne, qu'il vienne le jour où, re- » cevant ta main des mains de l'Etcrn nel, je pourrai le nommer mon épouse
» à la face de tout Israël , et t'emmener » dans renfoncement des lieux escaî^pés^^ » là où fleurit le muguet de la vallée, )) et où on n'entend que le chant de la » tourterelle amoureuse ! » Ainsi ^ durant toute la nuit, se plaint le tendre Issachar. Maisà peine voit-on l'aube commeiicer à blanchir ta pointe du mont Hébal qu'il retourne vers le camp de Gaîgal.^ C'est dans ce jour qu'il sait qu'Israël doit marcher contre Jéricho , et qu'il espère r^troiiver sa bien-aimée. Mais l'Eternel^ qui se joue des vaines espérances de rhommcy en a ordonné autrement : en ce jour il voulut élever davantage son serviteur Jo^ué aux yeux de tout Israël , afin qu'il fut craint comme Moïse l'avait été pendant sa vie; et il lui communiqua sa {parole xine seconde fois , disant : « Regarde, j'ai livré » en tes mains Jéricho ^ son roi et ses )) hommes forts et vaillans : vous tous » donc, gens de guerre, vous ferez le tour îî de la ville pendant six jours, et sept î) sacrificateurs portci'otit sept corps de j) bclicis devant l'arche j mais le sep-
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» tième pur , qui est celui du sabbat, )) vous ferez sept fois le tour de la S ville , et les sacrificateurs sonneront 5) du cor : aussitôt le peuple jettera de î) grands cris de joie, la muraille de )> la vilfe tombera, et tout le peuple » montera vis-à-vis de soi.))
Quand FEternel parlait , Issacliar n'eût osé désobéir ; et quoique les sept jours qu'il fallait encore attendre pour entrer dans Jéricho, pesassent sur sa poitrine, comme la lourde pierre détachée du i^ochcrl cependant il plia son cœur à la volonté du Ti*ès-Haut; et, durant tout le jour , prosterné devant son tabernacle les yeux noyés de larmes et les cheveux souillés de poussière, il l'invoquait ainsi : « O Eternel ! écoute )) ma prière, et que mon cri aille jus- » qu'à toi ; châtie Finiquilé des su- )) perbes , mais sauve leur humble sei'- )) vante de leur malice , afin qu'elle )) puisse te bénir et chan! er tes louanges )) à la tête des filles d'Israël , tandis que X) je la couronnerai des roses nuptiales » sur Jéricho en cendres. » Dieu en-
tendit el reçut le vœu du jeunelsraélite, et quand le septième jour fut venu, et que tout Israël , levé avant l'aurore ^ eut fait sept fois le tour de la ville , que les «acrificateurs qui portaient la sainte arche eurent sonné du cor^ et que Josué, en voyant tomber les murs de la ville , eut dit au peuple : Réjouis-toi , Israël, car le Seigneur fa livré Jéricho , l'impétueux Issachar s'élança un des premiers au milieu des débris roulans et des pierres écroulées ^ et traversa les rues de Jéricho en criant à haute voix : Rahab ! Rahab ! Il courut à la maison de sa bien-aimée , tous ses parens y étaient réunis, mais elle n'était point avec eux. Son vénérable père ^ vctu d'un sac ^ la tête couverte de cendre , versant de grosses larmes , lui dit : « Ils » ont enlevé ma fille pour la sacrifier » à leur Dieu. Depuis deux jours et m deux nuits je prie le vôtre de venir )) la sauver ; s'il exauce ma prière , je TV m^attacherài à jamais à sa loi. » Aces mots , le cœur d'Iss^char fut agité comme les arbres des forêts que le veat
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ébranle : éperdu^ il court au temple àt Baal , les portes en sont déjà brisées, et les ornemens disperses çà et là : les colonnes de jaspes roulent à ses pieds; les vases d'or et d'argent, incrustés de topazes , de sardoines de cîirysolites et de saphirs , et remplis des aromates les plus exquis , des vêtemens de fin lin d'Egypte travaillés en broderies , des tapis de pourpre de Tyr sont étendus .9ous ses yeux ; il foule aux pieds ces richesses . il les dédaigne, ou plutôt il ne les voit pas : sa bien-aimée seule occupe ea Pensée. Il appelle Rahab , et Rahab ne repond pas. Dans sa douleur^ il se frappe la poitrine, et se jelte la faca contre terre , en versant des pleurs que l'amour et la rage lui arrachent également. Tout à coup il croit distinguer des gétnissemens étouffés ; il court de ce côté , et arrive jusqu'au fond du temple oh l'idole de Baal . caché dans un sanctuaire fermé , se dérobe à tous les j^cux. Par-delà cette enceinte, l'Israélite a reconnu la voix de Rahab : le désespoir lui prête des forces, il brise les portes.
renverse tous les obstacles, et aperçoit sa bien-aimée aux pieds de l'idole , les cheveux épars, le sein décoiivert j six prêtres de Baal, armés de glaives^ sont prêts à lui arracher la vie.
A cette vue , Issachar jette un cri terrible qui retentit dans tout le temple , et porte le trouble et l'effroi dans l'âme des sacrificateurs. Ils s'arrêtent interdits; mais bientôt, confus de s'être laissés effrayer par un seul homme , ils veulent achever leur sacrifice : c'est en vain qu'ils le tentent , le couteau mollit contre le sein de Rahab, et leurs bras se roidissent comme enchaînés par vtne puissance supérieure. Ce prodige achève de les abattre , ils défaillent et tombent sans force. Issachar lève son fer pour les immoler: mais la douce Rahab le retient et lui dit : « O mon bien-aimé ! si FEter- » nel a ordonné que ees hommes soient )) mis à mort , laisse remplir ce funeste » soin à tes frères -, mais toi , ne souille » point tes mains généreuses du sang » d'un ennemi vaincu-, sois clément » après la victoire ^ comme terrible
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» pendant le combat. Viens , Issachar , » ëloignon»-nous du carnage ; qu'il ne yi soit pas dit] que l'époux de Rahab ait )) un cœur endurci aux cris des misé- » râbles. » Quoiqu'Issachar sache bien que Dieu a ordonné aux Israélites d'exterminer tous les infidèles, et que les épargner soit lui désobéir, néanmoins il cède au vœu de sa bien-aimée et jette son glaive loin de lui. « Que ton parler » est gracieux ! fille de Canaan , lui dit- » il; tes lèvres distillent le miel. Viens » avec moi, sortons de Jéricho, mon- » tons sur la colline nous asseoir sous » la vigne en fleur ; là tu me donneras î) tes amours. » H dit, et tandis que les Hébreux poursuivent et écrasent les malheureux habitans de Jéricho , Rahab, appuyée sur son bien-aimé, fuit cette scène de sang et dedésolation. Cependant elle aperçoit de loin des torrens de fumée qui s'élèvent de l'effroyable incendie de Jéricho, et pleure sur ses frères, c Hélas ! dit-elle, je fus c©u- » pable comme eux, que ne se sont-ils » repentis comme moi? Eternel; pour-
» quoi ta grâce n'est-elle tombée que )) sur ma tête ? Que n'as-tu aussi dis- 3) pose leur cœur à t'entendre ? ils vi- )) vraient encore, et ton nom serait » grand parmi eux. — Qu'oses-tu dire , » fille de Canaan , s'ëcrie Issachar? mur-
» mures-tu contre le Seigneur?
» Non, dit-elle, je suis soumise à ses » terribles arrêts ; mais mes entrailles f J) s'émeuvent aux cris de ces infortunés, ^ » et s^il avait voulu les racheter du » péché, ils l'eussent adoré sans doute» » — Prends garde, Rahab, ce n'est pas » à nous qu'appartient de juger l'Eter- » nel; s'il a condamné tous les fils de » Canaan à la mort, quiconque les sau- )) verait serait coupable. — Eh ! tu vois 3) bien que je ne les sauve pas, s'écria » la jeune Cananéenne en pleurant, » mais Dieu n'a pas défendu de les » plaindre. Ne t'étonnes pas, Issachar, » si je m'attendris plus que toi sur leur » soit; le pécheur doit compatir davan- » tage à des fautes qu'il partagea , que » le juste qui en fut toujours exempt. * — Vi^ns, viens ; ma bien- aimée,
» reprit îssacîiar^ en la pressant dans ses » bras ] que mes lèvres recueilient les » larmes qui coulent sur tes joues , » comme le soleil pt^mpe la rosée qui V tremble sur la fleur naissante. Com- ■ » bien le jour me semble plus beau » quand je le vois avec toi, ô Rahab! si » je touche seulement la main, je me » sens frémir, car ta peau est douce )> comme le duvet de la colombe et par- )) fumée comme le baume de Sésor ; et » quand je te px'esse sur mon cœur, » il s'embrase de flammes si ardentes , » que les eaux de la grande mer ne » pourraient les éteindre. Ah ! que le » grand Pharaon vienne , et m'offre )> tous ses trésors pour ton amour, je » lui dirais : Remporte tes trésors, j) puissant monarque; tn n^en as point » qui valent le cœur de Rahab. — » Mon bien-aimc, répondit-elle en le re- » poussant doucement , regarde comme » les vengeances de dieu sont terribles! '» craignons de les attirer sur nous, si », je recevais tes caresses rfvaiit dem^être <j> purifiée dans son temple des souLl-
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» lures de l'Idolâtrie. Eloigne-toi d'au- » près de moi, Issachar-, demain je se- » rai ton épouse, mais aujourd'hui je » ne suis encore que ta sœur. Mon » bien-aimé , ce jour-ci ne doit pas t-tre ), un jour de bonbeur : ab ! qu'il en pût » être nn de miséricorde ! que nos » prières réunies puissent obtenir du » Très-Haut la grâce d'un seul pécbeur ! » A l'heure de U mort, ce souvenir ne » serait-il pas plus consolant à nos âmes » défaillantes , que celui des plus douces » voluptés? » Issachar, touché des paroles de Rahab, triomphe de ses désirs et se prosterne avec elle devant l'Eternel. Ils passent la nuit l'un auprès de l'autre en prières et en invocations; et Dieu , satisfait de voir ce jeune homme et cette jeune fille, à l'aurore de leur vie et unis par le même amour , donner de pareils instans à la charité et à la religion, écouta favorablement leurs vœux. « A cause d'eux , dit - il , je » sauverai une partie de Canaan; Ca- » phira et Beroth trouveront grâce de- » vant moi , et les Gabaonitcs seront
Uj8 LA PRISE
)) appelés heureux et sages par touteâf )) les nations de la terre. » Dieu dit , et son esprit descendit sur Gabaon, et Gabaon fut sauve.
Le lendemain^ sur les débris fumans de Jéricho 5 Josué fait apprêter la fête de l'hymen. Issachar , tenant par la main sa bien-aimée Rahab , vêtue de laine blanche et couronnée de roses, la montre à tout Israël , qui la couvre d'applaudissemens et de bénédictions.
Elle baisse vers la terre ses modestes regards ; son cœur est plein d'humilité et son maintien plein d'innocence, Ocpendant des milliers de mains s'occupent à élever des colonnes de cèdre ; on y suspend des draperies écarlates bordées de tujL^quoi ses ; on allume des parfums exquis dans des vases richement sculptés ; et avi milieu des torrens d'encens qui fument sur cet autel que la piété construit à la liâtc , Josué dépose l'arche d'alliance et bénit l'union d'Issachar et de Rahab. L'huile , le miel et le lait coulent à grands ftots dans les coupes d'or et d^i^'oire. le peuple boit^ se ré-
Vt JÉRICHO, 57g
Jouit et loue le Seigneur. Deux chœurs cliantent et se répondent : Ftin est com-' posé des guerriers d'Israël armés de leur» piques étincelantes et de leurs formidables épées ; l'autre est celui des vierges vêtues de fin lin et couronnées de fleurs des cliamps. « O Eternel ! que ton » pouvoir est terrible , disent les pre- » miers ! tu donnes la victoire à ton » peuple, et les infidèles s'évanouis- )) sent devant ton nom , comme l'ombre » légère se dissipe à Tapproche du jour. :>) —Que ta miséricorde est grande, » Seigneur ! reprend le chœur des » vierges ; car tu as tiré la fille de Ca- » naan du pcclié , et l'as élevée au pre- » mier rang parmi nous, afin de mon- » trer aux impies qu'un repentir sin- » cère trouve toujours grâce devant toi. )) — O Dieu fort, reprennent à leur )> tour les gueiiiers , témoins de ta » toute -puissance j la crainte de ton » nom sera toujours présenteânos yeux.
» — Témoins de ta bonté, répond le » chœur des vierges, lun amovir vivra 5> à jamais dans nos cœurs. »
:>tSO LA PRISE DE JERÏCHO;
Ces chants religieux qu'accompagnent l'orgue mélodieux , la cymbale bruyante et les Ijarpes divines, retentissent dans la vallée d'Harcor , et sont répétés par les échos du mont Ephrem. Ils se prolongent jusqu'au soir, mais quand là nuit vint jeter son manteau d'ébène sur toute la création , Israël rentra dans lé silence; les vierges se retirèrent sous là. tente de leurs mères, le sommeil s'approcha de la couche des fils de Jacob, poiu^ les délasser de leurs rudes travaux ; cjt Rahab , sur un lit de mousse^ de violettes et de muguet, n'ayant pour ornement que sa beauté, pour voile que sa pndt'ur, et pour pavillon que le ci(îl, apprit dans les bras d'Issachar que les seuls plaisirs vrais sont ceux qu'embellit l'innocence, que permet le devoir et que consacrent à jamais des scrmens prononcés au pied des autels du Seigneur.