‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 14 sur 98 · XXXII · texte numérisé non relu

XXXII

transporte à quelques pas de lui-mcme pour se conlenipler, puis il s'en rapproche pour s'entendre, et, dans cctlc douce occupation, troublé par une si heureuse ivresse, il est lier des tributs qu'il s'est payés luimême. 11 croit faire sur les femmes la sensation rapide qu'il fait sur lui-même.

Son cristallin heureusement construit rasremble dans son foyer tous les rayons divergens, et lorsqu'à peine il est aperçu , il se croit l'obiet des regards du monde; il se croit aimé parce qu'il est aimable; il se croit aimable parce qu'il s'aime , et sur cetie base inébranlable son bonheur est élevé. Si, vers l'aube du jour, il voit sortir quelqu'un de l'appartement de sa femme, il court vers elle, ouvre son écrin, compte ses diamans , et rit comme un fou de ce que le voleur n'a pas su les trouver.

Etes-vous pauvre? quelque mérite que vous ayez d'ailleurs , vous n'êtes qu'un misérable sans importance : d'un autre côté , tout votre mérite consisle-t-il en une connaissance profonde des lois? on fera de vous un jurisconsulte. Avez-vou5 de grands talens liLléraires?on vous proposera pour quelque accadémie. Aimezvous beaucoup vos enfans et voîre ménage? on vous laissera dans votre maison

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