‹ Œuvres complètes de Mme Cottin (volume 5)Chapitre 89 sur 98 · LETTRE XXXI · texte numérisé non relu

LETTRE XXXI

FRÉDÉRIC ▲ CLAIRE

J'ai lu votre lettre , et la vérité , la cruelle vérité a détruit les prestiges enchanteurs dont je me berçais; les tortures de l'enfer sont dans mon cœur , 1 abîme du désespoir s'est ouvei t devant moi : Claire ordonne que je m'y précipite , je partirai.

Ce sacrifice , que la vertu ne m'eût jamais fait faire, et que vous seule pouviez obtenir de moi , ce sacrifice auquel nul autre ne peut-être comparé , puisqu'il n'y a qu'une Claire au monde , et qu'un cœur comme le mien pour l'aimer ; ce sacrifice , dont je ne peux moi - même mesurer l'étendue , quel que soit le mal qu'il me cause , je te jure , ô ma Claire ! de ne jamais attenter à des jours qui te sont consacrés et qui t'appartiennent, mais si la douleur, plus forte que mon courage , dessëclie les sources de ma vie; me fait succomber sous le poids de ton absence , promets -moi, Claire , de me pardonner ma mort , et de ne point liair ma mémoire. Sois sûre que l'infc^rtuné qui t'adore eût préféré t'obéir , en se dévouant à des tourments éternels et inouïs , que de descendre dans la paix (lu tombeau que tu lui refuses.

i/îo cLAiriE d'albe.

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