LE DÉPIT AMOUREUX, ACTE II, SCÈNE VII
LUCILE
Eh bien , bien ! qu'il s'en vante et rie à nos dépens , Il n'aura pas sujet d'en triompher lonf;temps ; Et je lui ferai voir qu'en une ànie bien faite Le mépris suit de près la faveur qu'on rejette.
MARINETTE
Au moins, en pareil cas, est-ce un bonheur bien doux Quand on sait qu'on n'a point d'avantage sur vous. Marinetteeut bon nez, quoi qu'on en puisse dire, De ne permettre rien un soir qu'on voulait rire. Quelque autre , sous espoir du matrimonion , Aurait ouvert l'oreille à la tentation; Mais moi. nesck) vos.
LUCILE
Que tu dis de folies, Et choisis mal ton temps pour de telles saillies ! Enfin je suis touchée au cœur sensiblement ; Et si jamais celui de ce perfide amant , Par un coupdebonheur dont j'aurais tort, je pense. De vouloir à présent concevoir l'espérance (Car le ciel a trop pris plaisir à m'affliger, Pour me donner celui de me pouvoir venger ) ; Quand , dis-je , par un sort à mes désirs propice , (I reviendrait m'offrir sa vie en sacrifice , Détester à mes pieds l'action d'aujourd'hui , .Te te défends surtout de me parler pour lui. Au contraire, je veux que ton zèle s'exprime A me bien mettre aux yeux la grandeurde son crime; Et même si mon cœur était pour lui tenté De descendre jamais à quelque lâcheté , Que ton affection me soit alors sévère , Et tienne comme il faut la main à ma colère.
MARINETTE
Vraiment n'ayez point peur, et laissez faire à nous; J'ai pour le moins autant de colère que vous ; Et je serais plutôt fille toute ma vie. Que mon gros traître aussi me redonnât envie. S'il vient...