‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 100 sur 1284 · LE DÉPIT AMOUREUX, ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

LE DÉPIT AMOUREUX, ACTE II, SCÈNE VII

LUCILE

Eh bien , bien ! qu'il s'en vante et rie à nos dépens , Il n'aura pas sujet d'en triompher lonf;temps ; Et je lui ferai voir qu'en une ànie bien faite Le mépris suit de près la faveur qu'on rejette.

MARINETTE

Au moins, en pareil cas, est-ce un bonheur bien doux Quand on sait qu'on n'a point d'avantage sur vous. Marinetteeut bon nez, quoi qu'on en puisse dire, De ne permettre rien un soir qu'on voulait rire. Quelque autre , sous espoir du matrimonion , Aurait ouvert l'oreille à la tentation; Mais moi. nesck) vos.

LUCILE

Que tu dis de folies, Et choisis mal ton temps pour de telles saillies ! Enfin je suis touchée au cœur sensiblement ; Et si jamais celui de ce perfide amant , Par un coupdebonheur dont j'aurais tort, je pense. De vouloir à présent concevoir l'espérance (Car le ciel a trop pris plaisir à m'affliger, Pour me donner celui de me pouvoir venger ) ; Quand , dis-je , par un sort à mes désirs propice , (I reviendrait m'offrir sa vie en sacrifice , Détester à mes pieds l'action d'aujourd'hui , .Te te défends surtout de me parler pour lui. Au contraire, je veux que ton zèle s'exprime A me bien mettre aux yeux la grandeurde son crime; Et même si mon cœur était pour lui tenté De descendre jamais à quelque lâcheté , Que ton affection me soit alors sévère , Et tienne comme il faut la main à ma colère.

MARINETTE

Vraiment n'ayez point peur, et laissez faire à nous; J'ai pour le moins autant de colère que vous ; Et je serais plutôt fille toute ma vie. Que mon gros traître aussi me redonnât envie. S'il vient...

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