‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1036 sur 1284 · DEUXIÈME MENUET. — TOUS DEUX ENSEMBLE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME MENUET. — TOUS DEUX ENSEMBLE

Vois , ma Climène , Vois , sous ce chêne S'entre-baiser ces oiseaux amoureux :

Ils n'ont rien dans leurs vœux Qui les gêne ; De leurs doux feux Leur âme est pleine.

Qu'ils sont heureux !

■ K Ayant armé mon sein de rigueurs, je me révolta! contra- .1 l'Amour; mais je fus vaincue, avec la promptitude de l'éclair,, i< en regardant deux beaux yeux. Ah ! qu'un cœur de glace rc- (i siste peu à une flèche de feu !

« Cependant mon tourment m'est si cher, et ma plaie m'est « si douce, que ma peine fait mon bonheur, et que me guérir !• serait une tyrannie. Ah! plus l'amour est vif, plus il a de Cl charmes et cause de plaisir.

n Le beau temps qui s'envole emporte le plaisir : à l'école n d'amour on apprend à profiter du moment.

« Tant que rit l'âge fleuri , qui trop promptement , hélas ! s'é- <' loigne de nous ,

■I Chantons , jouissons dans les beaux jours de la jeunesse : " un bien perdu ne se recouvre plus.

ri Un bel œil enchaine mille cœurs ; ses blessures sont douces ; " le mal qu'il cause est un bonheur.

•1 Mais quand languit l'âge glacé , l'âme engourdie n'a plus de » feux.

Il Chantons , jouissons dans les beaux jours de la jeunesse; K un bien perdu ne se rccou\re plus. « ( A. )

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