PSYCHE, ACTE I, SCÈNE VI
Qui peuvent bien vous faire un destin assez doux ; El l'amitié me rend leur personne assez chère Pour vous souhaiter leurs époux.
CLÉOMÈNE
Un cœur dont l'amour est extrême
Peut-il bien consentir, hélas !
D'être donné par ce qu'il aime ?
Sur nos deux cœurs , madame , à vos divins appas
Nous donnons un pouvoir suprême ;
Disposez-en pour le trépas :
Mais pour une autre que vous-même , Ayez cette bonté de n'en disposer pas.
AGÉNOK.
Aux princesses, madame, on ferait trop d'outrage ; Et c'est pour leurs attraits un indigne partage ,
Que les restes d'une autre ardeur. Il faut d'un premier feu la pureté fidèle,
Pour aspirer à cet honneur
Où votre bonté nous appelle ;
Et chacune mérite un cœur
Qui n'ait soupiré que pour elle.
AGLAURE
Il me semble , sans nul courroux ,
Qu'avant que de vous en défendre ,
Princes, vous deviez bien attendre
Qu'on se fût expliqué sur vous.
Nous croyez-vous un cœur si facile et si tendre ? Et lorsqu'on parle ici de vous donner à nous.,
Savez-vous si l'on veut vous prendre ?
CYDIPPE.
.Te pense que l'on a d'assez hauts sentiments Pour refuser un cœur qu'il faut qu'on sollicite , Et qu'on ne veut devoir qu'à son propre mérite La conquête de ses amants.
PSYCHÉ
•Tai cru pour vous, mes sœurs, une gloire assez grande. Si la possession d'un mérite si Iiaut...