LE ROI, PSYCHÉ, AGLAURE, CYDIPPE, LYCAS, SUITE
PSYCHÉ
De vos larmes , seigneur, la source m'est bien chère ; Mais c'est trop aiL\ bontés que vous avez pour moi
■ Tous les intermèdes sont de Quinault , à rexccpUon de celui-ci , dont les paroles sont de Lulli , auteur de toute la musique du poème. ( B. )
FEMME AFFUGÉE.
Hélez vos pleurs avec nos larmes.
Durs rochers, froides eaux, et vous, tigres affreux;
Pleurez le destin rigoureux D'un objet dont le crime est d'avoir trop de charmes.
PSYCHE, ACTE
Que de laisser régner les lemliesses de père
Jusque dans les yeux d'un grand roi.
("e qu'on vous voit ici donner à la nature A u rang que vous tenez, seigneur, fait trop d'injure ; l'A j'en dois refuser les touchantes faveurs. Laissez moins sur votre sagesse Prendre d'empire à vos douleurs , l'"t cessez d'honorer mon destin par des pleurs Qui dans le cœur d'un roi montrent de la faiblesse.
LE KOI.
Ah ! ma fille! à ces pleurs laisse mes yeux ouverts. Mon deuil est raisonnable, encor qu'il soit extrême; Et lorsque pour toujours on perd ce que je perds , La sagesse, crois-moi , peut pleurer elle-même.
En vain l'orgueil du diadème Veut qu'on soit insensible à ces cruels revers; En vain de la raison les secours sont offerts Pour vouloir d'un œil sec voir mourir ce qu'on aime; L'effort en est barbare aux yeux de l'univers, Et c'est brutalité plus que vertu suprême. .Te ne veux point , dans cette adversité , Parer mon cœur d'insensibilité ,
Et cacher l'ennui qui me touche.
.Te renonce à la vanité
De cette dureté farouche
Que l'on appelle fermeté ;
l'.t de quelque façon qu'on nomme Cette vive douleur dont je ressens les coups , Je veux bien l'étaler, ma fille, aux yeux de tous , Et dans le cœur d'un roi montrer le cœur d'un hom- PSYCHÉ. [me.
Je ne mérite pas cette grande douleur : Opposez , opposez un peu de résistance
Aux droits qu'elle prend sur un cœur Dont mille événements ont marqué la puissance.
UN HOMME AFFLIGE
O (lieux ! quelle douleur !
ACTRE HOMME AFFLIGÉ.
Alil i|uel malheur!
UN HOMME AFFLIGL.
Rigueur mortelle!