SCÈNE V
VÉNUS, PSTCBÉ, LE DIEU DU FLEUM£.
vÉxus.
Orinieilleuse Psyché , vous m'osez donc attendre , Après in'avoir sur terre enlevé mes honneurs ;
Après que vos traits suborneurs Ont reçu les encens qu'aux miens seuls ondoit rendre ?
J'ai vu mes temples désertés, J'ai vu tous les mortels, séduits par vos beautés, Idolâtrer en vous la beauté souveraine, Vods offrir des respects jusqu'alors inconnus ,
Et ne se mettre pas en peine
S'il était une autre Vénus ;
Et je vous vois encor l'audace De n'en pas redouter les justes châtiments ,
Et de me regarder en face , Comme si c'était peu que mes ressentiments !
PSYCHÉ
Si de quelques mortels on m'a vue adorée , Est-ce un crime pour moi d'avoir eu des appas
Dont leur âme inconsidérée Laissait charmer des yeux qui ne vous voyaient pas ?
Je suis ce que le ciel m'a faite ; Je n'ai que les beautés (ju'il m'a voulu prêter. Si les vceiLx qu'on m'offrait vous ont mal satisfaite, Pour forcer tous les cœurs à vous les reporter,
Vous n'aviez qu'à vous présenter, Qu'à ne leur cacher plus cette beauté parfaite Qui , pour les rendre à leur devoir.
Pour se faire adorer, n'a qu'à se faire voir.
VÉ^US
Il fallait vous en mieux défendre.
Ces respects, ces encens se doivent refuser;
Et pour les mieux désabuser, Il fallait, à leurs yeux, vous-même me les rendre.
Vous avez aimé cette erreur Pour qui vous ne deviez avoir que de l'horreur : Vous avez bien fait plus : votre humeur arrogante ,
Sur le mé|iris de mille rois, Jusques aux cieux a porté de son choix
L'aml)iticn extravasante.
J'aurais porté mon choix , déesse , jusqu'au.\ cieux ?