‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1075 sur 1284 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

VÉNUS, PSTCBÉ, LE DIEU DU FLEUM£.

vÉxus.

Orinieilleuse Psyché , vous m'osez donc attendre , Après in'avoir sur terre enlevé mes honneurs ;

Après que vos traits suborneurs Ont reçu les encens qu'aux miens seuls ondoit rendre ?

J'ai vu mes temples désertés, J'ai vu tous les mortels, séduits par vos beautés, Idolâtrer en vous la beauté souveraine, Vods offrir des respects jusqu'alors inconnus ,

Et ne se mettre pas en peine

S'il était une autre Vénus ;

Et je vous vois encor l'audace De n'en pas redouter les justes châtiments ,

Et de me regarder en face , Comme si c'était peu que mes ressentiments !

PSYCHÉ

Si de quelques mortels on m'a vue adorée , Est-ce un crime pour moi d'avoir eu des appas

Dont leur âme inconsidérée Laissait charmer des yeux qui ne vous voyaient pas ?

Je suis ce que le ciel m'a faite ; Je n'ai que les beautés (ju'il m'a voulu prêter. Si les vceiLx qu'on m'offrait vous ont mal satisfaite, Pour forcer tous les cœurs à vous les reporter,

Vous n'aviez qu'à vous présenter, Qu'à ne leur cacher plus cette beauté parfaite Qui , pour les rendre à leur devoir.

Pour se faire adorer, n'a qu'à se faire voir.

VÉ^US

Il fallait vous en mieux défendre.

Ces respects, ces encens se doivent refuser;

Et pour les mieux désabuser, Il fallait, à leurs yeux, vous-même me les rendre.

Vous avez aimé cette erreur Pour qui vous ne deviez avoir que de l'horreur : Vous avez bien fait plus : votre humeur arrogante ,

Sur le mé|iris de mille rois, Jusques aux cieux a porté de son choix

L'aml)iticn extravasante.

J'aurais porté mon choix , déesse , jusqu'au.\ cieux ?

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