SCÈNE III
PSYCHÉ
Pau\Tes amants ! Leur amour dure encore ! Tout morts qu'ils sont, l'un et l'autre m'adore, ^loi , dont la dureté reçut si mal leurs vœux ! Tu n'en fais pas ainsi , toi qui seul m'as ravie. Amant que j'aime encor cent fois plus que ma vie ,
Et qui brises de si beaux nœuds !
Ne me fuis plus , et souffre que j'espère Que tu pourras un jour rabaisser l'œil sur moi; Qu'à force de souffrir j'aurai de quoi te plaire,
De quoi me rengager ta foi.
iMais ce que j'ai souffert m'a trop défigurée ,
Pour rappeler un tel espoir.
L'œil abattu , triste, désespérée,
Languissante et décolorée.
De quoi puis-je me prévaloir.
Si par quelque miracle, impossible à prévoir, Ma beauté, qui t'a plu , ne se voit réparée? Je porte ici de quoi la réparer :
Ce trésor de beauté divine , Qu'en mes mains pour Vénus a remis Proserpine, Enferme des appas dont je puis m'emparer ;
Et l'éclat en doit être extrême ,
Puisque Vénus , la beauté même.
Les demande pour se parer.
En dérober un peu, serait-ce un si grand crime.' Pour plaire aux yeux d'un dieu qui s'est fait mon aman! , Pour regagner son cœur et finir mon tourment ,
Tout n'est-il pas trop légitime ?
Ouvrons. Quelles vapeurs m'offusquent le cerveau ? Et que vois-je sortir de cette boîte ouverte.' Amour, si ta pitié ne s'oppose à ma perte. Pour ne revivre plus , je descends au tombeau. [Elle s'évanuuit, et l'.-imour descend auprès d'elle en volant. )