SC.4PI.V
Oui.
GÉBONTE.
Tu iras prendre toutes les liardes qui sont dans cette grande manne, et tu les vendras aux fripiers pour aller racheter mon fils.
se AFIN, en lui rendant la clef.
Eh! monsieur, rêvez-vous? Je n'aurais pas cent francs de tout ce que vous dites ; et , de plus , vous savez le peu de temps qu'on m'a donné.
GÉBOME.
Mais que diable allait-il faire dans cette galère?
SCAPIN
Oh ! quede paroles perdues ! Laissez là cette galère, et songez que le temps presse, et que vous courez risque de perdre votre fils. Hélas ! mon pauvre maître ! peut-êtrequejene te verrai de ma vie, et qu'à l'heure que je parle, on t'emmène esclave en Alger. iMais le ciel me sera témoin que j'ai fait pour toi tout ce que j'ai pu, et que si tu manques à être racheté, il n'en faut accuser que le peu d'amitié d'un père.
GÉBOSTE.
Attends , Scapin , je m'en vais quérir cette somme.
SCAPI?J.
Dépêchez donc vite, monsieur; je tremble que l'heure ne sonne.
GÉBONTE.
N'est-ce pas quatre cents écus que tu dis?
scAPm.
Non. Cinq cents écus.
GÉaOiVTE.
Cinq cents écus !
SCAPI>-.
Oui.
GEBONTE.
Que diable allait-il faire dans cette galère ?
SCAPIX.
Vous avez raison : mais hàtez-vous.
GÉBO?iTE.
N'j' avait-il point d'autre promenade?
SCAPIN
Cela est vrai : mais faites prompteraent.
GÉBONTE.
j\h ! maudite galère !
SCAPIN, à part.
Cette galère lui tient au cœur.
GÉBONTE.
Tiens, Scapin , je ne me souvenais pas que je viens justement de recevoir celte somme en or, et je ne croyais pas qu'elle dût ni'être si tôt ravie. ( tirant
sa bourse de sa poche, et la présentant a Scapin. ) Tiens, va-t'en racheter mon fils.
SCAPIN, tendant la main.
Oui, monsieur.
GÛnsi^sTE, retenant sabourse, qu'il/ait se}nbla?it de vouloir donner à Scapin.
Mais dis à ce Turc que c'est un scélérat. SCAPIN, tendant encore la main.
GEBONTE, recommençant la même action.
Un infâme.
SCAPIN, tendant toujours la main.
Oui. . ,
GÉBONTE, de même.
Un homme sans foi , un voleur.
SCAPIN
Laissez-moi faire.
GÉBONTE, de même.
Qu'il me tire cinq cents écus contre toute sorte de droit.
SCAPIN
Oui.
GÉBONTE , de même.
Que je ne les lui donne ni à la mort ni à la vie.
SCAPIN
Fort bien.
GÉBONTE, de même.
Et que si jamais je l'attrape, je saurai me venger de lui.
SCAPIN
Oui.
GÉBONTE, remettant sa bourse dans sa poche, et s'eti allant.
Va , va vite requérir mon fils.
SCAPIN, courant après Gérante.
Holà, monsieur.
GÉBONTE.
SCAPIN
Où est donc cet argent ? '
GÉBONTE.
Ne te l'ai-je pas donné ?
SCAPIN
Non, vraiment ; vous l'avez remis dans \otre pochei
GÉBONTE.
Ah! c'est la douleur qui me trouble l'esprit.
SCAPIN
Je le vois bien.
GEBONTE.
Que diable allait-il faire dans cette galère? Ah! maudite galère ! traître de Turc , à tous les diables ! SCAPIN, seul.
Il ne peut digérer les cinq cents écus que je lui nrraclic; mais il n'est pas quitte envers moi; et je veux