LES FOURBERIES DE SCAPIN, ACTE III, SCÈNE III
ah, ah, ah, monsieur. Ah, ah , monsieur, tout beau.
Ah, doucement. Ah, ah, ah. " Va, porte-lui cela de
ma part. Adiusias. » Ah ! diable soit le Gascon ! Ah !
GÉBONTE, mettant la tête hors du sac.
Ah ! Scapin , je n'en puis plus.
SCAPIN
Ah! monsieur, je suis tout moulu, et les épaules me font un mal épouvantable.
Comment! c'est sur les miennes qu'il a frappé.
SCAPIN
Nenni , monsieur, c'était sur mon dos qu'il frappait.
GÉRONTE
Que veux-tu dire.' J'ai bien senti les coups, et les sens bien encore.
SCAPIN
Non, vous dis-je; ce n'est que le bout du bâton qui a été jusque sur vos épaules.
GÉRONTE
Tu devais donc te retirer un peu plus loin pour ni'épargner...
SCAPIN, lui remettant la tête dans le sac.
Prenez garde; en voici un autre qui a la mine à\mélTav\^n. {cet endroit est de même que celui du Gasco7i, pour le changement de langage elle jeu de théâtre.) « Parti, moi courir comme une Basque, et moi ne pouvre point troufair de tout le jour sti diable de G ironie. » Cachez-vous bien. « Dites-moi un peu , fous, monsir l'homme, s'ilve plaît, fous safoir point oi^i l'est sti Gironte que moi cherchair? » Non, monsieur, je ne sais point où est Géronte. « Dites-moi-le , fous , frenchemente ; moi li fouloir pas grande chose à lui . L'est seulemente pour lui donnair un petite régale sur le dos d'une douzaine de coups de bâtonne , et de trois ou quatre petites coups d'épée au trafers de son poitrine. » Je vous assure, monsieur, que je ne sais pas où il est. « 11 me semble que ji foi remuair quelque chose dans sti sac. » Pardonnez-moi , monsieur. « Li est assurémente quelque histoire là tetans. » Point du tout, monsieur. « ftloi l'avoir enfle détonner ain coup d'épée dans sti sac. » Ah! monsieur, gardezvous-en bien. " Montre-le-moi un peu, fous, ce que c'étre là. » Tout beau, monsieur. « Quement, tout beau ! " Vous n'avez que faire de vouloir voir ce que je porte. " Et moi , je le fouloir foir, moi. » Vous ne le verrez point. « Ah ! que de badinemente ! » Ce sont bardes qui m'appartiennent. « ISIontre-moi , fous , te dis-je. >> Je n'en ferai rien. « Toi ne faire ri^n? » Non. « Moi pailler de ste bâtonne dessus les épaules de toi. » Je me moque de cela. « Ah! toi faire le trôle. » (donnant des coups de bâton sur le sac, et criant comme s'il les recevait. ) Ahi , ahi , ahi. Ah , monsieur, ah, ah, ah. ah. « Jusqu'au refoir : l'être
là un petit leçon pour li apprendre à toi à paiiair insolentemente. » AhipestesoitdubaragouineuxlAh! GÉRONTE , sortant sa tête du sac.
Ah! je suis roué.
SCAPIN
Ah ! je suis mort.
GÉRONTE
Pourquoi diantre faut-il qu'ils frappent sur mon dos?
SCAPIN , lui remettant la tête dans le sac. Prenez garde; voici une demi-douzaine de soldats tout ensemble, (contrefaisant la voix de plusieurs personnes.) « Allons , tâchons à trouver ce Géronte , cherchons partout. N'épargnons point nos pas. Courons toute la ville. N'oublions aucun lieu. Visitons tout. Furetons de tous les côtés. Par où irons-nous? Tournons par là. Non , par ici. A gauche. A droite. Nenni. Si fait. » ( à Géronte, avec sa voix ordinaire. ) Cachez-vous bien. « Ah! camarades, voici son valet. Allons, coquin , il faut que tu nous enseignes où est ton maître. » Hé ! messieurs , ne me maltraitez point. « Allons , dis-nous où il est. Parle. Hâte-toi. Expédions. Dépêche vite. Tôt. » Hé! messieurs, doucement. ( Géronte met doucement la tête hors du sac , et aperçoit la/ourbe rie de Scapin. ) « Si tu ne nous fais trouver ton maître tout à l'heure, nous allons faire pleuvoir sur toi une ondée de coups de bâton. » J'aime mieux souffrir toute chose que de découvrir mon maître. « Nous allons t'assommer. » Faites tout ce qu'il vous plaira. « Tu as envie d'être battu? » Je ne trahirai point mon maître. « Ah! tu en veuxtâter? Voilà... » Oh!
(Commeilestprès defi-apper, Géronte sort du sac, et Scapin s'enfuit.)
GÉRONTE, seul.
Ahi infâme! ah! traître! ah! scélérat! C'est ainsi que tu m'assassines ?