POLIDORE, VALÈRE
POLIDOKB.
EnGn, le beau mignon, vos beaux déportements Troubleront les vieux jours d'un père à tous moments ; Tous les jours vous ferez de nouvelles merveilles , Et nous n'aurons jamais autre chose aux oreilles.
VALÈBE.
Que fais-je tous les jours qui soit si criminel .' En quoi mériter tant le courroux paternel.'
POLIDOBE.
Je suis un étrange homme , et d'une humeur terrible ,
D'accuser un enfant si sage et si paisible !
Las! il vit comme un saint, et dedans la maison
Du matin jusqu'au soir il est en oraison!
Dire qu'il pervertit l'ordre de la nature ,
Et fait du jour la nuit, ô la grande imposture!
Qu'il n'a considéré père ni parenté
En vingt occasions , horrible fausseté !
Que de fraîche mémoire un furtif hyménée
A la fille d'Albert a joint sa destinée ,
Sans craindre de la suite un désordre puissant ;
On le prend pour un autre , et le pauvre innocent
Ne sait pas seulement ce que je lui veux dire!
Ah ! chien , que j'ai reçu du ciel pour mon martyre ,
Te croiras-tu toujours? et ne pourrai-je pas
Te voir être une fois sage avant mon trépas ?
VALÈRE , seul, rêcant.
D'oîi peut venir ce coup? Mon âme embarrassée Ne voit que Mascarille où jeter sa pensée. Il ne sera pas homme à m'en faire un aveu. Il faut user d'adresse, et me contraindre un peu Dans ce juste courroux.