‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 112 sur 1284 · POLIDORE, VALÈRE · texte numérisé non relu

POLIDORE, VALÈRE

POLIDOKB.

EnGn, le beau mignon, vos beaux déportements Troubleront les vieux jours d'un père à tous moments ; Tous les jours vous ferez de nouvelles merveilles , Et nous n'aurons jamais autre chose aux oreilles.

VALÈBE.

Que fais-je tous les jours qui soit si criminel .' En quoi mériter tant le courroux paternel.'

POLIDOBE.

Je suis un étrange homme , et d'une humeur terrible ,

D'accuser un enfant si sage et si paisible !

Las! il vit comme un saint, et dedans la maison

Du matin jusqu'au soir il est en oraison!

Dire qu'il pervertit l'ordre de la nature ,

Et fait du jour la nuit, ô la grande imposture!

Qu'il n'a considéré père ni parenté

En vingt occasions , horrible fausseté !

Que de fraîche mémoire un furtif hyménée

A la fille d'Albert a joint sa destinée ,

Sans craindre de la suite un désordre puissant ;

On le prend pour un autre , et le pauvre innocent

Ne sait pas seulement ce que je lui veux dire!

Ah ! chien , que j'ai reçu du ciel pour mon martyre ,

Te croiras-tu toujours? et ne pourrai-je pas

Te voir être une fois sage avant mon trépas ?

VALÈRE , seul, rêcant.

D'oîi peut venir ce coup? Mon âme embarrassée Ne voit que Mascarille où jeter sa pensée. Il ne sera pas homme à m'en faire un aveu. Il faut user d'adresse, et me contraindre un peu Dans ce juste courroux.

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