SCÈNE XI
ARGANTE, GÉRONTE, OCTA^T., HYA- CINTHE , ZERBINETTE, NÉRINE, SILVESTRF..
ARGANTE
Venez, mon fils, venez vous réjouir avec nous de l'heureuse aventure de votre mariage. Le ciel...
OCTAVE
Non, mon père, toutes vos propositions de mariage ne serviront de rien. Je dois lever le masque avec vous, et l'on vous a dit mon engagement.
AEGANTE.
Oui. IMais tu ne sais pas...
OCTAVE
Je sais tout ff qu'il faut savoir.
ABGANTE.
Je te veux dire que la fille du seigneur Géronte...
OCTAVE
La fille du seigneur Géronte ne me sera jamais de rien.
LES FOUUDEUIES DE SCAPIN , ACTE III, SCEAE XllI.
GEBONTB.
C'est elle.
OCTAVE, « Géronte.
Non , monsieur ; je vous demande pardon ; mes résolutions sont prises.
siLVESTKE, à Octave.
Écoutez...
OCTAVE
Non. Tais-toi. Je n'écoute rien.
AKGANTE, à OctaiC.
Ta femme...
Non, vousdis-je, mon père; je mourrai plutôt (jue de quitter mon aimable Hyacinthe. ( traversant le théâtre pour se mettre à côté d'Hyacinthe. ) Oui, vous avez beau faire ; la voilà celle à qui ma foi est engagée. Je l'aimerai toute ma vie, et je ne veux point d'autre femme.
ARGANTE
Eh bien! c'est elle qu'on te donne. Quel diable d'étourdi qui suit toujours sa pointe!
HYACINTHE, montrant Géronte.
Oui, Octave, voilà mon père que j'ai trouvé; et nous nous voyons hors de peine.
GÉEONTE.
Allons chez moi; nous serons mieux qu'ici pour nous entretenir.
HYACINTHE , montrant Zerbinette.
Ah! mon père, je vous demande, par grâce, que je ne sois point séparée de l'aimable personne que vous voyez. Elle a un mérite qui vous fera concevoir de l'estime pour elle , quand il sera connu de vous.
GÉRONTE
Tu veux que je tienne chez moi une personne qui est aimée de ton frère, et qui m'a dit tantôt au nez mille sottises de moi-même ?
ZERBINETTE.
Monsieur, je vous prie de m'excuser. Je n'aurais pas parlé de la sorte, si j'avais su que c'était vous; et je ne vous connaissais que de réputation.
Comment! que de réputation?
HYACINTHE
Mon père , la passion que mon frère a pour elle n'a rien de criminel , et je réponds de sa vertu.
GÉEONTE.
Voilà qui est fort bien. Ne voudrait-on point que je mariasse mon fils avec elle.' Une fille inconnue, qui fait le métier de coureuse'