‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 1134 sur 1284 · LA COMTESSE. JULIE, ANDRÉE, CRIQUET · texte numérisé non relu

LA COMTESSE. JULIE, ANDRÉE, CRIQUET

CRIQUET

Plait-il?

LA COMTESSE

OÙ étiez-vous donc, petit coquin ?

CRIQUET

Dans la rue , madame.

LA COMTESSE

Et pourquoi dans la rue?

CRIQUET

Vous m'avez dit d'aller là dehors.

Vous êtes un petit impertinent , mon ami ; et vous devez savoir que là dehors, en termes de personnes de (jualitè, veut dire l'antichambre. Andrée, ayez soin tantôt de faire donner le fouet à ce petit friponlà par mon écuyer ; c'est un pelit incorrigible.

ANDRÉE

Qu'est-ce que c'est, madame, que votre ècuycr? Est-ce maître Charles que vous appelez comme cela ?

LA COMTESSE

Taisez-vous, sotte que vous êtes : vous ne sauriez ouvrir la bouche, que vous ne disiez une impfrlinence. {a Criquet.) Des sièges, (o Andrée.) I.l vous, allumez deux bougies dans mes (lambeaux d'argent : il se fait déjà tard. (>u'est-ce que c'est donc, que vous me regardez tout effarée?

ANDRÉE

Madame...

LA COMTESSE

Eh bien ! madame. Qu'y a-t-il ?

ANDRÉE

C'est (jue...

LA COMTESSE

Quoi?

ANDRÉE

C'est que je n'ai point de bougie.

Comment! vous n'en avez point?

ANDRÉE

Non , madame , si ce n'est des bougies de suif.

LA COMTESSE

I,a bouvière! Et oîi est donc la cire que je Cs acheter ces jours passés ?

ANDRÉE

Je n'en ai point vu depuis que je suis céans.

LA COMTESSE

Otez-vous de là, insolente. Je vous renverrai chez VOS parents. Apportez-moi un verre d'eau.

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