BÉLISE, CLITANDRE
CLITAXDHE.
Souffrez , pour vous parler, madame , qu'un amant Prenne l'occasion de cet heureux moment , Et se découvre à vous de la sincère flamme...
BÉLISE
Ah! tout beau : gardez-vous de m'ouvrir trop votre Si je vous ai su mettre au rang de mes amants, fàme. Contentez-vous des yeux pourvos seulstruchements, Et ne m'expliquez point , par un autre langage , Des désirs qui chez moi passent pour un outrage. Aimez-moi, soupirez, brûlez pour mes appas; Mais qu'il me soit permis de ne le savoir pas. Je puis fermer les yeux sm- vos flammes secrètes , Tant que vous vous tiendrez aux muets interprètes; Mais si la bouche vient à s'en vouloir mêler. Pour jamais de ma vue il vous faut exiler.
CLITANDBE.
Des projets de mon coeur ne prenez point d'alarme. Henriette, madame, est l'objet qui me charme; Et je viens ardemment conjurer vos bontés De seconder l'amour que j'ai pour ses beautés.
BELISE.
Ah ! certes, le détour est d'esprit, je l'avoue : Ce subtil faux-fuyant mérite qu'on le loue; Et dans tous les romans où j'ai jeté les yeux , Je n'ai rien rencontré de plus ingénieux.
CLITANDRE
Ceci n'est point du tout un trait d'esprit , madame, Et c'est un pur aveu de ce que j'ai dans l'âme. Les cieux , par les liens d'une immuable ardeur, Aux beautés d'Henriette ont attaché mon cœur ;
■ A celle époque, les galeries du Palais de juslice offraient le speclacle animé que présente aujourd'hui le Palais Royal. Cetait le rendcz-\ous à la mode.