CLÉANTE, TOINETTE
TOINETTE, ne reconnaissant pas Cléante.
Que demandez-vous, monsieur?
CLÉANTE
Ce que je demande?
TOINETTE
Ah ! ah ! c'est vous ! Quelle surprise ! Que venezvous faire céans ?
CLÉANTE
Savoir ma destinée , parler à l'aimable Angélique , consulter les sentiments de son cœur, et lui deman-
der ses résolutions sur ce mariage fatel dont on m'a averti.
TOINETTE
Oui ; mais on ne parle pas comme cela de but en blanc à Angélique : il y faut des mystères, et l'on vous a dit l'étroite garde où elle est retenue, qu'on ne la laisse ni sortir, ni parler à personne ; et que ce ne fut que la curiosité d'une vieille tante, qui nous fit accorder la liberté d'aller à cette comédie, qui donna lieu à la naissance de votre passion; et nous nous sommes bien gardées de parler de cette aventure.
Aussi ne viens-je pas ici comme Cléante , et sou? l'apparence de son amant, mais comme ami de son maître de musique, dont j'ai obtenu le pouvoir de dire qu'il m'envoie à sa place.
TOINETTE
Voici son père. Retirez-vous un peu , et me laissez lui dire que vous êtes là.