‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 211 sur 1284 · DON GARCIE, DON ALVAR, ÉLISE · texte numérisé non relu

DON GARCIE, DON ALVAR, ÉLISE

DON GARCIE

Ah! sois un peu sensible à ma disgrâce extrême, Éhse, et prends pitié d'un cœur infortuné Qu'aux plus vives douleurs tu vois abandonné.

ÉLISE

C'est avec d'autres yeux que ne fait la princesse , Seigneur, que je verrais le tourment qui vous presse ; Mais nous avons du ciel , ou du tempérament. Que nous jugeons de tout chacun diversement : Et puisqu'elle vous blâme, et que sa fantaisie Lui fait un monstre affreux de votre jalousie. Je serais complaisant , et voudrais ni'efforcer De cacher à ses yeux ce qui peut les blesser. Un amant suit sans doute une utile méthode , S'il fait qu'à notre humeur la sienne s'accommode; Et cent devoirs font moins que ces ajustements Qui font croire en deux cœurs les mêmes sentiments. L'art de ces deux rapports fortement les assemble. Et nous n'aimons rien tant que ce qui nous ressemble.

DON GABCIE.

Je le sais : mais, hélas! les destins inhumains S'opposent à l'effet de ces justes desseins; [dre

Et, malgré tous mes soins, viennent toujours melcn- Un piège dont mon cœur ne saurait se défendre. Ce n'est pas que l'ingrate aux yeux de mon rival N'ait fait contre mes feux un aveu trop fatal , Et témoigné pour lui des excès de tendresse , Dont le cruel objet me reviendra sans cesse :

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