ACTE SECOND
Qui jamais sans gronder ne reviennent cliez eux ; De ces brutaux fieffés qui , sans raison ni suite, De leurs femmes en tout contrôlent la conduite , Et du nom de mari fièrement se parants , Iv.'i - .^j^^rr ..- Leur rompent en visière ■ aux yeux des soupirants. On en sait , disent-ils , prendre ses avantages ; Et l'aigreur de la dame à ces sortes d'outrages , Dont la plaint doucement le complaisant témoin, Est un champ à pousser les choses assez loin ; -.
En un mot, ce vous est une attente assez belle ' - Que la sévérité du tuteur d'Isabelle.
VALÈEE.
Mais , depuis quatre mois que je l'aime ardemment, Je n'ai pour lui parler pu trouver un moment.
EBGASTE.
L'amour rend iaventif ; mais vous ne l'êtes guère : Et si j'avais été...
VALÈEE.
Slais qu'aurais-tu pu faire , Puisque sans ce brutal on ne la voit jamais ; Et qu'il n'e.st là-dedans servantes ni valets Dont , par l'appât flatteur de quelque récompense , le puisse pour mes feux ménager l'assistance ?
EHGASTE.
Elle ne sait donc pas encor que vous l'aimez ?
VALÈHE.
C'est un point dont mes vœux ne sont pas informés. Partout oîi ce farouche a conduit cette belle. Elle m'a toujours vu comme une ombre après elle; Et mes regards aux siens ont tâché chaque jour De pouvoir expliquer l'excès de mon amour. Mes yeux ont fort parlé; mais qui me peut apprendre Si leur langage enfin a pu se faire entendre?
EBGASTE.
Ce langage , il est vrai , peut être obscur parfois , S'il n'a pour truchement l'écriture ou la voix.
VALÈBE.
Que faire pour sortir de cette peine extrême , Et savoir si la belle a connu que je l'aime ? Dis-m'en quelque moyen.
EBGASTE.
C'est ce qu'il faut trouver :
Entrons un peu chez vous , afin d'y mieax rêver.
■ Rompre en visière, contredire avec violence. Voyez la note des Factieux, acte I, scène x.