L'ÉCOLE DES MARIS , ACTE III , SCÈXE X
SGANABELLE, à triste.
Oui , l'affaire est ainsi.
( apercevant Léonor. ) Ah ! j e la vois paraître , et sa suivante aussi .
AKISTE.
Léonor , sans courroux, j'ai sujet de me plaindre. Vous savez si jamais j'ai voulu vous contraindre, Et si plus de cent fois je n'ai pas protesté De laisser à vos vœux leur pleine liberté : , ■ . Cependant votre cœur méprisant mon suffrage , De foi comme d'amour à mon insu s'engage. Je ne me repens pas de mon doux traitement ; Mais votre procédé me touche assurément ; Et c'est une action que n'a pas méritée Cette tendre amitié que je vous ai portée.
LÉONOK.
Je ne sais pas sur quoi vous tenez ce discours ; Mais croyez que je suis la même que toujours , Que rien ne peut pour vous altérer mon estime , Que toute autre amitié me paraîtrait un crime , Et que si vous voulez satisfaire mes vœux , Un saint nœud dès demain nous unira tous deux.
AEISTE.
Dessus quel fondement venez-vousdonc, monfrère...
SGANABELLE.
Quoi ! vous ne sortez pas du logis de Valère ? ^ ous n'avez point conté vos amours aujourd'hui ? Et vous ne brûlez pas depuis un an pour lui ?
LÉONOR
Qui vous a fait de moi de si belles peintures , Et prend soin de forger de telles impostures .'