‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 298 sur 1284 · ET SES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

ET SES COMPAGNONS

i>KMis,àpart.

Quoi ! malgré moi le traître espère l'obtenir ! Ali ! mon juste courroux le saura prévenir.

liBASTE, à part.

.IVnlrevois là quelqu'un sur la porte d'Orpliisc. Quoi ! toujours quelque obstacle aux feux qu'elle au-

DAMis, à l'Épine. [torise!

Oui , j'ai su que ma nièce , en dépit de mes soins , Doit voir ce soir chez elle Éraste sans témoins.

LA BiviÈRE, à ses compMjiions.

Qu'entends-je à ces gens-là dire de notre maître? Approchons doucement, sans nous faire connaître.

DAMis, à l'Épine.

Mais avant qu'il ait lieu d'achever son dessein , Il faut de mille coups percer son traître sein. Va-t'en faire venir ceux que je viens de dire , Pour les mettre en embûche aux lieux que je désire , Afin qu'au nom d'Éraste on soit prêt à venger ^ Mon honneur, que ses feux ont l'orgueil d'outrager, A rompre un rendez-vous qui dans ce lieu l'appelle , Et noyer dans son sang sa flamme criminelle. LA RIVIÈRE, attaquant Damis avec ses compagnons. Avant qu'à tes fureurs on puisse l'immoler , Traître , tu trouveras en nous à qui parler.

ÉRASTE

Bien qu'il m'aitvoulu perdre, un point d'honneur me De secourir ici l'oncle de ma maîtresse. [presse

[à Damis.) .Te suis à vous, monsieur.

l Umet l'epée à la maincontre la Rivière et ses compagnons, qu'il met en fuite. )

DAMIS

O ciel ! par quel secours D'un trépas assuré vois-je sauver mes jours? A (jui suis-je obligé d'un si rare service?

ÉRASTE, revenant.

,Ie n'ai fait, vous servant, qu'un acte de justice.

DAMIS

Ciel ! puis-je à mon oreille ajouter quoique foi ? Est-ce la main d'Éraste...

ÉRASTE

Oui , oui, monsieur, c'est moi.

Trop heureux que ma main vous ait tiré de peine , Trop malheureux d'avoir mérité votre haine.

DAMIS

Quoi! celui dont j'avais résolu le trépas

ICst celui qui pour moi vient d'employer son bras !

Ah !c'enesttrop,moncœurest contraint de se rendre;

Et quoi que votre amour ce soir ail pu prétendre.

Ce trait si surprenant de générosité

Doit étouffer en moi toute animosité.

.le rougis de ma faute, et blâme mon caprice.

Ma haine trop longtemps vous a fait injustice ;

Et pour la condamner par un éclat fameux.

Je vous joins dès ce soir à l'objet de vos vœux.

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