L'ETOURDI, ACTE II, SCENE VIII
MASCARILLE
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Moi , monsieur ! Quelque sol ' : la colère fait mal , Kl je veux me choyer, quoi qu'cnfln il arrive. Que Célic, après toul, soit ou libre ou captive, Que Léandre l'achète, ou qu'elle reste là, Pour moi, je m'en soucie autant que de cela.
LËLIE.
Ah! n'aye point pour moi si grande indifférence. Et sois plus indulgent à ce peu d'imprudence ! Sans ce dernier malheur, ne m'avoùras-tu pas Que j'avais fait merveille, et qu'en ce feint trépas .l'éludais un chacun d'un deuil si vraisemblable, Que les plus clairvoyants l'auraient cru véritable.'
MASCAHILLE.
Vous avez en effet sujet de vous louer.
LÉLIE
Eh bien! je suis coupable, et je veux l'avouer. Mais si jamais mon bien te fut considérable ' , Répare ce malheur, et me sois secourable.
MASCABILLE.
Je vous baise les mains ; je n'ai pas le loisir.
LÉLIE
Mascarille! mon fils!
MASCARILLE
Point.
Fais-moi ce plaisir.
MASCABILLE.
Non , je n'en ferai rien.
LÉLIE
Si tu m'es inflexible , Je m'en vais me tuer.
MASCABILLE.
Soit; il vous est loisible.
LÉLIE
Je ne te puis fléchir?
MASCABILLE.
Non.
LÉLIE
Vois-tu le fer prêt ?
MASCABILLE.
Oui.
LÉLIE
Je vais le pousser.
MASCABILLE.
Faites ce qu'il vous plaît.
LÉLIE
Tu n'auras pas regret de m'arraeher la vie?
' 11 r.mt suppléer hi ferait ; vinisjr ne Ic/enii pas. CellP locution l'iliptiiiue, très commune dans nos anciennes comédies , est encore d'usage dans la conversation.
^ Si Jamais mon bien te fut considn-atiJe , c'est-à-dire , si jamais mon bien le fut cher, fut de quelque prix à tes yeux. Autrefois considérable s'employait a\ec un régime.
MASCABILLE.
Non.
LELIE.
Adieu, Mascarille.
MASCABILLE.
Adieu , monsieur Lélie.
LÉLIE
Quoi!...
MASCABILLE.
Tuez-vous donc vite. Ah ! que de longs devis ■ !
LÉLIE
Tu voudrais bien , ma foi , pour avoir mes habits , Que je fisse le sot, et que je me tuasse.
MASCABILLE.
Savais-je pas qu'enfin ce n'était que grimace; Et, quoi que ces esprits jurent d'effectuer, Qu'on n'est point aujourd'hui si prompt à se tuer.*