‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 332 sur 1284 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

ARNOLPHE

Quoi ! l'astre qui s'obstine à me désespérer

Ne me donnera pas le temps de respirer !

Coup sur coup je verrai, par leur intelligence.

De mes soins vigilants confondre la prudence;

Et je serai la dupe, en ma maturité.

D'une jeune innocente et d'un jeune évente!

En sage philosophe on m'a vu, vingt années.

Contempler des maris les tristes destinées ,

Et m'instruire avec soin de tous les accidents

Qui font dans le malheur tomber les plus prudents ;

Des disgrâces d'autrui profitant dans mon âme ,

J'ai cherché les moyens, voulant prendreunefenmic.

De pouvoir garantir mon front de tous affronts ,

Et le tirer de pair d'avec les autres fronts ;

Pour ce noble dessein j'ai cru mettre en pratique

Tout ce que peut trouver l'humaine politique ;

Et , comme si du sort il était arrêté

Que nul homme ici-bas n'en serait exempté,

Après l'expérience et toutes les lumières

Que j'ai pu m'acquérir sur de telles matières,

Après vingt ans et plus de méditation

Pour me conduire en tout avec précaution ,

De tant d'autres maris j'aurais quitté la trace.

• Becque cornu est une imitation du mot italien hecco, qui signifie bouc. ( B. ) — Les vieux conteurs emploient quelquefois ces deux mots réunis dans le sens de cornard. ( A. )

» Mais , du latin muijis , plus , davantage : \uu\ mol dont on se sert encore dans quelques provinces -.Je n'en puis mais , Je l'aime mais que toi. { Me>'. )

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