‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 341 sur 1284 · AGNÈS, ARNOLPHE, HORACE · texte numérisé non relu

AGNÈS, ARNOLPHE, HORACE

HOBACE, à Agnès.

Ne soyez point en peine où je vais vous mener ; C'est un logement sûr que je vous fais donner. Vous loger avec moi , ce serait tout détruire : Entrez dans cette porte, et laissez-vous conduire. {Arnolphc luiprendla main sans qu'elle lereconnaisse.)

AGNÈS, à Horace.

Pourquoi me quittez-vous?

HORACE

Chère Agnès , il le faut.

AGNÈS

Songez donc, je vous prie, à revenir bientôt.

HORACE

J'en suis assez pressé par ma flamme amoureuse.

AGNÈS

Quand je ne vous vois point , je ne suis point joyeuse.

HORACE

Hors de votre présence, on me voit triste aussi.

AGNÈS

Hélas ! s'il était vrai , vous resteriez ici .

HORACE

Quoi ! vous pourriez douter de mon amour extrême !

AGNÈS

Non , vous ne m'aimez pas autant que je vous aime.

(Arnolphe la tire. ) Ah! l'on me tire trop.

HORACE

C'est qu'il est dangereux , Chère Agnès, qu'en ce lieu nous soyons vus tous deux; Kt le parfait ami de qui la main vous presse Suit le zèle prudent qui pour nous l'intéresse.

AGNÈS

Mais suivre un inconnu que...

HORACE

N'appréhendez rien :

Entre de telles mains vous ne serez que bien.

AGNÈS

.Te me trouverais mieux entre celles d'Horace . El j'aurais...

(à Arnolphe qui la tire encore.) Attendez.

HORACE

Adieu, le jour me chasse.

AGNÈS

Quand vous verrai-je donc .'

HORACE

Bientôt assurément.

AGNÈS

Que je vais m'ennuyer jusques à ce moment !

HORACE , en s'en allant.

Grâce au ciel, mon bonheur n'est plus en concurrence; Et je puis maintenant dormir en assurance '.

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