‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 345 sur 1284 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ARNOLPHE, nOIlACE.

HOBACE.

Ah! je viens vous trouver, accablé de douleur.

Le ciel, seigneur Arnolphe, a conclu mon malheur

Et par un trait fatal d'une injustice extrême ,

On me veut arracher de la beauté que j'aime.

Pour arriver ici mon père a pris le frais ' ;

J'ai trouvé qu'il mettait pied à terre ici près :

Et la cause , en un mot, d'une telle venue.

Qui , comme je disais , ne m'était pas connue ,

C'est qu'il m'a marié sans m'en écrire rien.

Et qu'il vient en ces lieux célébrer ce lien.

Jugez, en prenant part à mon inquiétude,

S'il pouvait ju'arriver un contre-temps plus rude.

Cet Enrique, dont hier je m'informais à vous.

Cause tous les malheurs dont je ressens les coups :

11 vient avec mon père achever ma ruine,

Et c'est sa fille unique 5 qui l'on me destine.

.T'ai dès leurs premiers mots pensé m'évanouir.

Et d'abord . sans vouloir plus longtemps les ouïr ,

Mon père ayant parlé de vous rendre visite ,

L'esprit plein de frayeur , je l'ai devancé vite.

De grâce, gardez-vous de lui rien découvrir

De mon engagement qui le pourrait aigrir;

Et ti'iehez , comme en vous il prend grande créance,

De le dissuader de cette autre alliance.

ABNOLPHE.

Oui-dà.

HOBACE.

Conseillez-lui de différer un peu , ' C'est-à-dire a prolité de ta fraiclieur de la nuit.

L'ÉCOLE DES FEMMES

Et renJez , en ami, ce service à mon feu.

ARNOLPHE

Je n'y manquerai pas.

HORACE

C'est en vous que j'espère,

ARNOLPHE

Fort bien.

HORACE

Et je vous tiens mon véritable père.

Dites-lui que mon âge... Ali! je le vois venir! Écoutez les raisons que je vous puis fournir.

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