ACTE V, SCÈNE VIL
On vous l'a déjà dit?
ARNOLPHE
ORONTE
Tant mieux.
ARNOLPHE
Votre fils à cet hymen résiste, Et son cœur prévenu n'y voit rien que de triste : 11 m'a même prié de vous en détourner ; Et moi, tout le conseil que je vous puis donner, C'est de ne pas souffrir que ce nœud se diffère. Et de faire valoir l'autorité de père.
Il faut avec vigueur ranger les jeunes gens. Et nous faisons contre eux à leur être indulgents.
HORACE, à part.
Ah! traître!
CHRYSALDE.
Si son cœur a quelque répugnance , Je tiens qu'on ne doit pas lui faire violence. Mon frère, que je crois, sera de mon avis.
ARNOLPHE
Quoi ! se laissera-t-ii gouverner par son fils ?
Est-ce que vous voulez qu'un père ait la mollesse
De ne savoir pas faire obéir la jeunesse?
Il serait beau , vraiment, qu'on le vît aujourd'hui
Prendre loi de qui doit la recevoir de lui !
Non, non, c'est mon intime, et sa gloire est la mienne,
Sa parole est donnée, il faut qu'il la maintienne ,
Qu'il fasse voir ici de fermes sentiments.
Et force de son fils tous les attachements.
ORONTE
C'est parler comme il faut, et dans cette alliance C'est moi qui vous réponds de son obéissance.
CHRYSALDE, à Jmolphe.
Je suis surpris , pour moi , du grand empressement Que vous me faites voir pour cet engagement, Et ne puis deviner quel motif vous inspire...
ARNOLPHE
Je sais ce que je fais , et dis ce qu'il faut dire.
ORONTE
Oui, oui, seigneur Arnolphe, il est...
CHRYSALDE.
Ce nom l'nigrit; C'est monsieur de la Souche, on vous l'a déjà dit.
ARNOLPHE
Il n'importe.
HORACE , à part.
Qu'entends-je?
ARNOLPHE , se retournant rers Horace.
Oui , c'est là le mystère.
Et vous pouvez juger ce que je devais faire.
HORACE, à part.
En quel trouble...
LKCOLE DES FEMMES