SCÈNE XIV
LÉLIE , riant; aL\SC.VRILLE.
MASCABILLE.
Quel beau transport de joie à présent vous inspire?
LÉLIE
Laisse-m'en rire encore avant que te le dire.
MASCABILLE.
Çà , rions donc bien fort , nous en avons sujet.
LELIE.
Ah ! je ne serai plus de tes plaintes l'objet.
Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries,
' Ce mot 6ni<7vienlde rilalien (min. Les Ilaliensdisent comme nous dar la baia , pour se muqiier. ( Mr.NAGE. )
" Vole, de malus, mauvais. Ce mot est lr(-.s-ancien dans noire lanRuo. On dis.ail dans le douzWnie siècle, malc-feaimu, maleloi , pour mauvaise femme , mauvaise loi.
LETOURDI, ACTE 111, SCÈNE I.
Que je gâte en brouillon toutes tes fourberies : .l'ai bien joué moi-même un tour des plus adroits. Il est vrai, je suis prompt, et m'emporte parfois : Mais pourtant , quand je veux , j'ai l'imaginative Aussi bonne , en effet, que personne qui vive; Et toi-même avoûras que ce que j'ai fait , part D'une pointe d'esprit où peu de monde a part.
MASCAKILLE.
Sachons donc ce qu'a fait cette iraaginative.
LÉLIE
Tantôt , l'esprit ému d'une frayeur bien vive D'avoir vu Trufaldin avecque mon rival, Je songeais à trouver un remède à ce mal , Lorsque , me ramassant tout entier en moi-même , .l'ai conçu, digéré, produit un stratagème Devant qui tous les tiens , dont tu fais tant de cas , Doivent , sans contredit , mettre pavillon bas. Vi i'A,
MASCAKILLE. 5
Mais qu'est-ce.'
LÉLIE
Ah! s'il te plaît, donne-toi patience.
J'ai donc feint une lettre avecque diligence , Comme d'un grand seigneur écrite à Trufaldin , Qui mande qu'ayant su , par un heureux destin , Qu'une esclave qu'il tient sous le nom de Célie Est sa fille, autrefois par des voleurs ravie. Il veut la venir prendre , et le conjure au moins De la garder toujours , de lui rendre des soins ; Qu'à ce sujet il part d'Espagne , et doit pour elle Par de si grands présents reconnaître son zèle , Qu'il n'aura point regret de causer son bonheur.
MASCAKILLE.
Fort bien.
LÉLIE
Écoute donc , voici bien le meilleur.
La lettre que je dis a donc été remise; Mais sais-tu bien comment.' En saison si bien prise, Que le porteur m'a dit que sans ce trait falot , Un homme l'emmenait, qui s'est trouvé fortj60t,
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MASCAKILLE. \-i)X •^S'^'-''
Vous avez fait ce coup sans vous donner an diable ?
LÉLIE
Oui. D'un tour si subtil m'aurais-tu cru capable? Loue au moins mon adresse , et la dextérité Dont je romps d'un rival le dessein concerté.
MASCAKILLE.
A vous pouvoir louer selon votre mérite, Je manque d'éloquence, et ma force est petite. Oui , pour bien étaler cet effort relevé , Ce bel exploit de guerre à nos yeux achevé. Ce grand et rare effet d'une iraaginative Qui ne cède en vigueur à personne qui vive , Ma langue est impuissante , et je voudrais avoir Celles de tous les gens du plus exquis savoir ,
Pour vous dire en beaux vers, ou bien en docte prose. Que vous serez toujours , quoi que l'on se propose. Tout ce que vous avez été durant vos jours , C'est-à-dire un esjijiitçbauasiéJouLàjifibouï&f Une raison malade et toujours en débauche , Un envers de bon sens , un jugement à gauche , Un brouillon , une bête , un brusque , un étourdi , Que sais-je.' un... cent fois plus encor que je ne di. C'est faire en abrégé votre panégyrique.
LÉLIE
Apprends-moi le sujet qui contre moi te pique ; Ai-je fait quelque chose ? Édaircis-moi ce point.
MASCAKILLE.
Non , vous n'avez rien fait; mais ne me suivez point.
LÉLIE
Je te suivrai partout pour savoir ce mystère.
MASCAKILLE.
Oui.' Sus donc, préparez vos jambes à bien faire, Car je vais vous fournir de quoi les exercer.
LÉLIE , seul.
Il m'échappe. O malheur qui ne se peut forcer I Aux discours qu'il m'a faits que saurais-je compren- Et quel mauvais office aurais-je pu me rendre? (dre,