‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 388 sur 1284 · DORIMÈNE, SGANARELLE · texte numérisé non relu

DORIMÈNE, SGANARELLE

DORIMÈNE , dans le fond du théâtre , à un petit laquais qui la suit.

Allons , petit garçon , qu'on tienne bien ma queue , et qu'on ne s'amuse pas à badiner.

SGANARELLE, à part , apercevant Dorimène.

Voici ma maîtresse qui vient. Ali! qu'elle est agréable! Quel air, et quelle taille! Peut-il y avoir un homme qui n'ait, en la voyant, des démangeaisons de se marier ? ( « Dorimène. ) Où allez-vous, belle mignonne , chère épouse future de votre époux futur ?

DORIMÈNE

Je vais faire quelques emplettes.

SGANARELLE

Eh bien ! ma belle , c'est maintenant que nous ai- Ions être heureux l'un et l'autre. Vous ne serez plus en droit de me rien refuser; et je pourrai faire avec vous tout ce qu'il me plaira , sans que personne s'en scandalise. Vous allez être à moi depuis la tête jusqu'aux pieds, et je serai maître de tout : de vos petits yeux éveillés , de votre petit nez fripon, de vos lèvres appétissantes, de vos oreilles amoureuses, de votre petit menton joli , de vos petits tétons rondelets, de votre... Enfin, toute votre personne sera à ma discrétion , et je serai à même pour vous caresser comme je voudrai. N'êtes-vous pas bien aise de ce mariage, mon aimable pouponne ?

DORIMÈNE

Tout à fait aise , je vous jure. Car enfin la sévérité

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