‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 390 sur 1284 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

GKRONIMO, SGANARELLE.

OÉRONIMO.

Ah! seigneur Sganarelle, je suis ravi de vous trouver encore ici; et j'ai rencontré un orfèvre qui, sur le bruit que vous cherchiez quelque beau diamant on

' Donner un cadeau signifiait autrefois donner un repas. Lo P. Bouhoiirs fait venir ce mot de cadendn; parce que, dii-il , les Imveurs rliaïuclli'nl el lomhcn!, et que c'est assez ordiiiairenieni comme tirti.'.sent les rndi-aux.

bague pour faire un présent à votre épouse, m'a fort prié de vous venir parler pour lui, et de vous dire qu'il en a un à vendre, le plus parfait du monde.

SGANABELLE.

Mon Dieu! cela n'est pas pressé.

OÉBONIMO.

Comment ! que veut dire cela ? Où est l'ardeur que vous montriez tout à l'heure?

SGANARELLE

Il m'est venu, depuis un moment, de petits scrupules sur le mariage. Avant que de passer plus avant , je voudrais bien agiter à fond cette matière, et que l'on m'expliquât un songe que j'ai fait cette nuit, et qui vient tout à l'heure de me revenir dans l'esprit. Vous savez que les songes sont comme des miroirs, où l'on décomTC quelquefois tout ce qui nous doit arriver. Il me semblait que j'étais dans un vaisseau, sur une mer bien agitée, et que...

GÉBONIMO.

Seigneur Sganarelle , j'ai maintenant quelque petite affaire qui m'empêche de vous ouïr. Je n'entends rien du tout aux songes; et quant au raisonnement du mariage, vous avez deux savants, deax philosophes , vos voisins , qui sont gens à vous débiter tout ce qu'on peut dire sur ce sujet. Comme ils sont de sectes différentes, vous pouvez examiner leurs diverses opinions là-dessus. Pour moi, je me contente de ce que je vous ai dit tantôt, et demeure votre serviteur.

SGAXABELLE, Seitl.

Il a raison. Il faut que je consulte un peu ces genslà sur l'incertitude où je suis.

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