‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 401 sur 1284 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

DORIMÈNE,Ly CASTE, SGAKARELLE, retiré dans un coin du théâtre, sans être vu.

LYCASTE

Quoi ! belle Doriniène, c'est sans raillerie que vous parlez ?

DORIMÈNE

Sans raillerie.

LYCASTE

Vous vous mariez tout de bon?

DOEIMÈXE.

Tout de bon.

LYCASTE

Et vos noces se feront dès ce soir?

DOHIMÈKE.

Dès ce soir.

LYCASTE

Et VOUS pouvez , cruelle que vous êtes , oublier de la sorte rameur que j'ai pour vous, et les obligeantes paroles que vous m'aviez données ?

DOEIMÈNE.

Moi ? point du tout. Je vous considère toujours de même, et ce mariage ne doit point vous inquiéter; c'est uu homme que je n'épouse point par amour , et sa seule richesse me fait résoudre à l'accepter. Je n'ai point de bien , vous n'en avez point aussi , et vous savez que sans cela on passe mal le temps au monde, et qu'à quelque prix que ce soit il faut tâcher d'en avoir. J'ai embrassé cette occasion-ci de me mettre à mon aise; et je l'ai fait sur l'espérance de me voir bientôt délivrée du barbon que je prends. C'est un homme qui mourra avant qu'il soit peu, et qui n'a tout au plus que six mois dans le ventre. Je vous le garantis défunt dans le temps que je dis ; et je n'aurai pas longuement à demander pour moi au ciel l'heureux état de veuve. ( à Sganarel/e quelle aperçoit. ) Ah ! nous parlions de vous , et nous en disions tout le bien qu'on en saurait dire.

LYCASTE

Egt-ce là monsieur ?. . .

DORIMÈKE.

Oui , c'est monsieur qui me prend pour femme.

LYCASTE

Agréez, monsieur, que je vous félicite de votre mariage , et vous présente en même temps mes trèsliumbles services : je vous assure que vous épousez là une très-honnéte personne. Et vous , mademoiselle , je me réjouis avec vous aussi de l'heureux choix que vous avez fait : vous ne pouviez pas mieux trouver, et monsieur a toute la mine d'être un fort bon mari. Oui, monsieur, je veux faire amitié avec vous, et lier ensemble un petit commerce de visites et de divertissements.

DORTMENE.

C'est trop d'honneur que vous nous faites à tous deux. I\Iais allons, le temps me presse, et nous aurons tout le loisir de nous entretenir ensemble.

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