SCÈNE VII
LA PRINCESSE
De quelle émotion inconnue sens-je mon cœur atteint? et quelle inquiétude secrète est venue troubler tout d'un coup la tranquillité de mon âme! Ne seraitce point aussi ce qu'on vient de me dire ? et , sans en rien savoir, n'aimerais-je point ce jeune prince? Ah! si cela était , je serais personne à me désespérer ! mais il est impossible que cela soit , et je vois bien que je ne puis pas l'aimer. Quoi! je serais capable de cette làc'.ieté ! J'ai vu toute la terre à mes pieds avec la plus grande insensibilité du monde ; les respects, les hommages et les soumissions n'ont jamais pu toucher mon âme, et la fierté et le dédain en auraient triomphé! J'ai méprisé tous ceux qui m'ont aimée, et j'aimerais le seul qui me méprise ! Non , non , je sais bien queje ne l'aime pas. Il n'y a pas de raison à cela. Mais si ce n'est pas de l'amour que ce que je sens maintenant , qu'est-ce donc que ce peut être ? et d'où vient ce poison qui me court par toutes les veines, et ne me laisse point en repos avec moi-même? Sors de mon cœur, qui que tu sois, ennemi qui te caches. Attaque-moi visiblement, et deviens à mes yeux la plus
' Pour expliquer le sens de ce proverl» , il suflit de le donner dans soncnÛer. Le voici : « 11 est comme le chien «lu jardinier; Cl il ne mange point de choux , et ne veut pas que les autres en " mangent. » ^ous avons alirégé ce proverbe, qui est italien. On le trouve dans nue pastorale de Gro^o , intitulée te Kepcutir i'amour de Dicromàic ( acte II , scène iv , page 56 ).
QUATHIEME l.NTEUMEDE.
affreuse bête de tous nos hois , afin que mon dard et mes flèches me puissent défaire de toi.
QUATRIEME INTERMEDE.