LE FESTIN DE PIERRE, ACTE V, SCENE V
souffert jusques ici , ne pourra souffrir du tout cette dernière horreur.
DON JUAN
Va, va, le ciel n'est pas si exact que tu penses; et si toutes les fois que les liommes...
cela; mais lorsque je l'ai consulté , j'ai entendu une Toix qui m'a dit que je ne devais point songer à votre sœur, et qu'avec elle assurément je ne ferais point mon salut.
DON CARLOS
Croyez-vous, don Juan, nous éblouir par ces belles excuses?
DON JUAN
J'obéis à la voix du ciel.
DON CABLOS., (I Iv» « «Ol*^'^ -'- '
Quoi! vous voulez que je me^pâye d'un semblalle discours?
DON JUAN
C'est le ciel qui le veut ainsi.
DON CABLOS.
Vous aurez fait sortir ma sœur d'un couvent, pour la laisser ensuite?
DON JUAN
Le ciel l'ordonne de la sorte.
DON CABLOS.
Nous souffrirons cette tache en notre famille?
DON JUAN
Prenez-vous-en au ciel.
DON CARLOS
Eh quoi! toujours le ciel!
DON JUAW.
Le ciel le souhaite comme cela.
DON CABLOS.
U suffit, don Juan; je vous entends. Ce nest pas ici que je veux vous prendre, et le lieu ne le souffre pas ; mais, avant qu'il soit peu, je saurai vous trouver.
DON JUAN
Vous ferez ce que vous voudrez. Vous savez que je ne manque point de cœur, et que je sais me servir de mon épée quand il le faut. Je m'en vais passer tout à l'heure dans cette petite rue écartée qui mène au grand couvent ; mais je vous déclare, pour moi , que ce n'est point moi qui me veux battre : le ciel m'en défend la pensée ; et si vous m'attaquez , nous verrons ce qui en arrivera.
DON CARLOS
Nous verrons, de vrai , nous verrons.