‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 624 sur 1284 · GERONTE, LÉANDRE, LUCINDE, SGANARELLE, LUCAS, MARTINE · texte numérisé non relu

GERONTE, LÉANDRE, LUCINDE, SGANARELLE, LUCAS, MARTINE

LÉANDRE

Monsieur, je viens faire paraître Léandre à vos yeux , et remettre Lucinde en votre pouvoir. Nous avons eu dessein de prendre la fuite nous deux et de nous aller marier ensemble; mais cette entreprise a fait place à un procédé plus honnête. Je ne prétends point vous voler votre fille , et ce n'est que de votre main que je veux la recevoir. Ce que je vous dirai, monsieur, c'est que je viens tout à l'heure de re-

cevoir des lettres par où j'apprends que mon oncle est mort, et que je suis héritier de tous ses biens.

GÉRONTE

Monsieur, votre vertu m'est tout à fait considérable , et je vous donne ma fille avec la plus grande joie du monde.

SGANÀBELLE, à part.

La médecine l'a échappé belle!

MABTIUE.

Puisque tu ne seras point pendu, rends-moi grâce d'être médecin ; car c'est moi qui t'ai procuré cet honneur.

SGANABELLK.

Oui ! c'est toi qui m'as procuré je ne sais combien de coups de bâton.

LÉANDBE , à Sganarelle.

L'effet en est trop beau pour en garder du ressentiment.

SGANABELLE.

Soit, (à Martine.) Je te pardonne ces coups de bâton en faveur de la dignité où tu m'as élevé : mais prépare-toi désormais à vivre dans un grand respect avec un homme de ma conséquence , et songe que la colère d'un médecin est plus à craindre qu'on ne peut croire.

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