SCENE PREMIERE
DAMIS, DORINE
DAMIS
Que la foudre, sur l'heure, achève mes destins. Qu'on me traite partout du plus grand des faquins . S'il est aucun respect ni pouvoir qui m'arrête. Et si je ne fais pas quelque coup de ma tête !
DORINE
De grâce , modérez un tel emportement : Votre père n'a fait qu'en parler simplement. On n'exécute pas tout ce qui se propose; Et le chemin est long du projet à la chose.
DAMIS
Il faut que de ce fat j'arrête les complots. Et qu'à l'oreille un peu je lui dise deiLx mots.
Ah ! tout doux! envers lui, comme envers votre père.
Laissez agir les soins de votre belle-mère.
Sur l'esprit de Tartuffe elle a quelque crédit ;
Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit ,
Et pourrait bien avoir douceur de creur pour eiif.
Pldt à Dieu qu'il fût vrai ! la chose serait belle.
Enfin , votre intérêt l'oblige à le mander :
Sur l'hymen qui vous trouble elle veut le sonder.
Savoir ses sentiments , et lui faire connaître
Quels fâcheux démêlés il pourra faire naître.
S'il faut qu'à ce dessein il prête quelque espoir.
Son valet dit qu'il prie, et je n'ai pu le voir:
Mais ce valet m'a dit qu'il s'en allait descendre.
Sortez donc , je vous prie, et me laissez l'attendre.
DAMIS
.le puis être présent à tout cet entretien.