‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 698 sur 1284 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

DAMIS, DORINE

DAMIS

Que la foudre, sur l'heure, achève mes destins. Qu'on me traite partout du plus grand des faquins . S'il est aucun respect ni pouvoir qui m'arrête. Et si je ne fais pas quelque coup de ma tête !

DORINE

De grâce , modérez un tel emportement : Votre père n'a fait qu'en parler simplement. On n'exécute pas tout ce qui se propose; Et le chemin est long du projet à la chose.

DAMIS

Il faut que de ce fat j'arrête les complots. Et qu'à l'oreille un peu je lui dise deiLx mots.

Ah ! tout doux! envers lui, comme envers votre père.

Laissez agir les soins de votre belle-mère.

Sur l'esprit de Tartuffe elle a quelque crédit ;

Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit ,

Et pourrait bien avoir douceur de creur pour eiif.

Pldt à Dieu qu'il fût vrai ! la chose serait belle.

Enfin , votre intérêt l'oblige à le mander :

Sur l'hymen qui vous trouble elle veut le sonder.

Savoir ses sentiments , et lui faire connaître

Quels fâcheux démêlés il pourra faire naître.

S'il faut qu'à ce dessein il prête quelque espoir.

Son valet dit qu'il prie, et je n'ai pu le voir:

Mais ce valet m'a dit qu'il s'en allait descendre.

Sortez donc , je vous prie, et me laissez l'attendre.

DAMIS

.le puis être présent à tout cet entretien.

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