TARTUFFE, ELMIRE, ORGON
TARTUFFE, SOUS voir Orgoji.
Tout conspire , madame, à mon contentement. J'ai visité de l'œil tout cet appartement ; Personne ne s'y trouve ; et mon âme ravie... ( Dans le temps que Tartuffe s'avance les bras ouverts
pour embrasser Elmire, elle se retire, et Tartuffe
aperçoit Orgon. )
OBGON, arrêtant Tartuffe.
Tout doux ! vous suivez trop votre amoureuse envie , Et vous ne devez pas vous tant passionner. Ah ! ah ! l'homme de bien , vous m'en voulez donner ! (^omme aux tentations s'abandonne votre âme! Vous épousiez ma fille et convoitiez ma femme ! J'ai douté fort longtemps que ce fût tout de bon,
MOI.IKKE.
Et je croyais toujours qu'on changerait de ton ;
iNIais c'est assez avant pousser le témoignage :
Je m'y tiens , et n'en veux , pour moi , pas davantage.
ELiiiEE, à Tartuffe.
C'est contre mon hmiieur que j'ai fait tout ceci ; Mais on m'a mise au point de vous traiter ainsi.
TARTUFFE, à Orgoii.
Quoi! vous croyez?....
OECOX.
Allons , point de bruit, je vous prie.
Dénichons de céans , et sans cérémonie.
TARTUFFE
Mon dessein...
ORGON
Ces discours ne sont plus de saison.
Il faut , tout sur-le-champ , sortir de la maison.
TARTUFFE
C'est à vous d'en sortir , vous qui parlez en maître : I^a maison m'appartient , je le ferai connaître , Et vous montrerai bien qu'en vain on a recours , Pour me chercher querelle , à ces lâches détours ; Qu'on n'est pas où l'on pense en me faisant injure; Que j"ai de quoi confondre et punir l'imposture, Venger le ciel qu'on blesse, et faire repentir Ceux qui parlent ici de me faire sortir.