‹ Œuvres complètes de Molière avec des notes de tous les commentateursChapitre 756 sur 1284 · AMPHITRYON, ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

AMPHITRYON, ACTE III, SCÈNE III

MEBCURE.

Eh bien , Sosie ! oui , c'est mon nom ; As-tu peur que je ne l'oublie ?

AMPHITBVON.

Me vois-tu bien?

MEBCUBE.

Fort bien. Qui peut pousser ton bras A faire une rumeur si grande .' Et que demandes-tu là-bas .'

AMPHITBYON.

Moi , pendard ! ce que je demande?

MEBCURE.

Que ne demandes-ta donc pas ?

Parle , si tu veux qu'on t'entende.

AMPHITRYON

Attends , traître ! avec un bâton Je vais là-haut me faire entendre , Et de bonne façon l'apprendre A m'oser parler sur ce ton.

MEBCUBE.

Tout beau! Si pour heurter tu fais la moindre instance, Je t'enverrai d'ici des messagers fâcheux.

AMPHITByON.

O ciel ! vit-on jamais une telle insolence?

La peut-on concevoir d'un serviteur, d'un gueux ?

MEBCUBE.

Eh bien ! qu'est-ce ? M'as-tu tout parcouru par ordre ? M'as-tu de tes gros yeux assez considéré? Connue il les écarquille, et paraît effaré!

Si des regards on pouvait mordre,

Il m'aurait déjà déchiré.

AMPHITRYON

Moi-même je frémis de ce que tu t'apprêtes

Avec ces impudents propos.

Que tu grossis pour toi d'effroyables tempêtes ! Quels orages de coups vont fondre sur ton dos !

MEBCUBE.

I/ami, si de ces lieux tu ne veux disparaître. Tu pourras y gagner quelque contusion.

AMPHITBYON.

Ah ! tu sauras , maraud , à ta confusion ,

Ce que c'est qu'un valet qui s'attaque à son maître.

MERCURE

Toi , mon maître !

AMPHITRYON

Oui, coquin! m'oses-tu méconnaître ?

Je n'en reconnais point d'autre qu'Amphitryon.

AMPHITRYON

Et cet Amphitryon , qui , hors moi , le peut être ?

MEBCUBE.

Amphitryon!

AMPHITRYON

Sans doute.

MEBCUBE.

Ah ! quelle vision !

Dis-nous un peu , quel est le cabaret honnête Où tu t'es coiffé le cerveau ?

AMPHITRYON

Comment ! encore ?

MEBCURE.

Était-ce un vin à faire fête?

AMPHITRYON

Ciel!

MEBCUBE.

Était-il vieux, ou nouveau f

AMPHITRYON

Que de coups !

MEBCUBE.

Le nouveau donne fort dans la tête.

Quand on le veut boire «ans eau.

AMPHITBYON.

Ail ! je t'arracherai cette langue, sans doute.

MERCURE

Passe , mon cher ami , crois-moi ;

Que quelqu'un ici ne t'écoute.

Je respecte le vin. Va-t'en , retire-toi , Et laisse Amphitryon dans les plaisirs qu'il godte.

AMPHITRYON

Comment ! Amphitryon est là dedans ?

MERCURE

Fort bien ; Qui , couvert des lauriers d'une victoire pleine ,

Est auprès de la belle Alcmène A jouir des douceurs d'un aimable entretien. Après le démêlé d'un amoureux caprice, Ils goûtent le plaisir de s'être rajustés. Garde-toi de troubler leurs douces privautés ,

Si tu ne veux qu'il ne punisse

L'excès de tes témérités.

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